Compétences du formateur en ligne et technologie

craftsman-146493_640

Image sur Pixabay en CC0 domaine public

Un organisme de formation qui souhaite introduire le distant dans sa pratique forme souvent ses formateurs sur les aspects pédagogiques de cette modalité particulière. J’ai souvent observé que les aspects techniques (utilisation du numérique) sont souvent laissés de côté, peut-être parce que l’on pense que tous les formateurs (enseignants) ont le niveau ? Je crois que c’est plus de l’ordre de l’omission.

  • l’utilisation quotidienne d’un ordinateur, d’un smartphone, d’une tablette fournit le socle de base des compétences utiles. Et il est vrai que la plupart des personnes sont à ce niveau d’utilisation. Peu de formateurs sont ainsi des grands débutants !

Les manipulations de base de son ordinateur sont un pré-requis indispensable. Cela semble acquis. Quelles manipulations plus élaborées sont alors nécessaires ?

  • Il me semble important savoir gérer ses fichiers

Discerner leurs types en les identifiant par leurs extensions (.pdf, .docx, .html, …), les organiser dans des dossiers et sous-dossiers. Les fichiers de la formation « F » seront déposés dans le dossier « Formation_F ». Ce dossier sera subdivisé en sous dossiers : Textes, Images, Sons, Vidéos, …

  • La sauvegarde du travail réalisé est une nécessité « vitale »

On s’équipe d’un logiciel de sauvegarde, d’un disque dur externe, d’un nuage (cloud) efficace.

Travailler avec un seul exemplaire, c’est traverser les chutes du Niagara sur un fil sans corde d’assistance en cas de chute ! Les ordinateurs d’aujourd’hui sont de plus en plus fiables, on en vient à oublier que la panne ne prévient pas. Ou la casse, ou le vol, …

  • Utiliser une plateforme de formation asynchrone, béaba ?

L’organisme de formation est équipé d’une plateforme de formation. Son utilisation nécessite un apprentissage. Une formation initiale et continue est à organiser pour l’équipe. Le son et la vidéo sont de plus en plus intégrés dans les cursus de formation. Des formateurs ont leur propre chaîne Youtube…

On peut créer un parcours intitulé « Bac à sable » dans lequel le formateur peut faire tous ses tests sans risquer de faire des bêtises sur le vrai parcours. C’est comme la cale martyre utilisée en menuiserie pour protéger la planche originale !

  • Se doter d’un logiciel auteur

L’utilisation d’un logiciel auteur (j’utilise Exelearning – http://exelearning.net) inclut des outils pédagogiques prêts à l’emploi. De plus il permet de produire des parcours qui seront utilisables sur d’autres plateformes, car il autorise l’export au modèle SCORM :

Voici les principales exigences auxquelles le modèle SCORM devrait permettre, à terme, de satisfaire :

Accessibilité : capacité de repérer des composants d’enseignement à partir d’un site distant, d’y accéder et de les distribuer à plusieurs autres sites.

Adaptabilité : capacité à personnaliser la formation en fonction des besoins des personnes et organisations.

Durabilité : capacité de résister à l’évolution de la technologie sans nécessiter une reconception, une reconfiguration ou un recodage.

Interopérabilité : capacité d’utiliser dans un autre emplacement et avec un autre ensemble d’outils ou sur une autre plate-forme des composants d’enseignement développés dans un site, avec un certain ensemble d’outils ou sur une certaine plate forme. Note : il existe plusieurs niveaux d’interopérabilité.

Réutilisabilité : souplesse permettant d’intégrer des composants d’enseignement dans des contextes et des applications multiples.

Sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharable_Content_Object_Reference_Model

  • Utilisation d’une plateforme synchrone

Le synchrone (la classe virtuelle) a le vent en poupe (voir le billet http://espace-formation.org/classe-virtuelle-le-vent-en-poupe/ ). Son utilisation technique requiert un certain entraînement. Gérer le son, la vidéo, les fichiers inclus, les fichiers mis à disposition en téléchargement, …

  • Assistance de premier niveau

Le formateur doit pouvoir aider les apprenants à solutionner leurs problèmes techniques de base. Par exemple, paramétrer le micro pour la classe virtuelle, configurer le navigateur pour que tout s’affiche correctement à l’écran, gérer le bon type de fichier à déposer sur la plateforme.

Formateur = Géo Trouvetou !

Jacques Cartier

www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu
Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

Classe virtuelle, le vent en poupe ?

voilier_vent_en_poupe
Paternité Certains droits réservés par Domaine de Drogant

La classe virtuelle a-t-elle le vent en poupe ?

De nombreux organismes de formations pour lesquels j’interviens évoquent son utilisation. Ils s’intéressent à la formation hybride pour plusieurs raisons :

  • la modalité présence / distance semble de plus en plus pertinente à leurs yeux pour la qualité des apprentissages :

Le « va et vient » entre présence et distance semble mieux impliquer l’apprenant dans son cursus de formation. Surtout si la classe virtuelle ne se cantonne pas uniquement à de l’expositif par le formateur mais engage la personne à produire et présenter ses propres productions (personnelles et/ou en groupe)

  • la réduction des coûts de transports et d’hébergement commence à peser fortement dans la balance :

Certes l’aspect financier compte mais pas seulement : il est parfois difficile de se déplacer (disponibilité, soucis inhérents au transport – temps, grèves, intempéries comme en ce moment -, …).

  • Cette modalité permet de monter un dispositif de formation intégrant des personnes d’horizons géographiques très lointains :

Une formation très ciblée ne pourra pas se monter à l’échelle d’un département ou d’une région car elle ne pourra recruter qu’un nombre trop restreint d’apprenants. Par contre, elle sera envisageable en l’élargissant au pays et à des territoires extérieurs et lointains. Pour les publics de régions éloignées, le tout distant sera possible, pour le public plus proche ce sera l’hybride.

Rem : un organisme de formation me sollicite pour monter une formation au Certificat Informatique et Internet Enseignant et Formateur sur l’ensemble des régions de France et d’outre-mer. (C2i2e)

Si des personnes d’outre-mer participent, elles utiliseront la plateforme asynchrone (Moodle par exemple) et la classe virtuelle (par exemple Big Blue Button intégrée à Moodle). Au formateur de jouer sur ces publics à modalité différente pour créer une dynamique.

  • Les aspects techniques sont pour beaucoup également dans ce regain d’intérêt :

Les plateformes de classe virtuelle sont devenues très fiables, les soucis de connexion de moins en moins présents. Un ordinateur, un smartphone, une tablette suffisent la plupart du temps pour se connecter. Les personnes ne sont pas forcément obligées d’être dans un lieu fixe (leur bureau par exemple). Elles ont simplement besoin d’une connexion.

  • Les apprenants ont de plus en plus l’habitude d’utiliser des outils synchrones :

Regardez autour de vous le nombre de proches et d’amis qui utilisent Skype au quotidien ! Ces personnes ne sont pas dépaysées lorsqu’il faut se connecter à une classe virtuelle.

C’est un Skype bis !

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu
Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

Tensions, tensions, tensions, …

Lors de formations que j’anime ces temps-ci pour des organismes de formation, je perçois une tension très nette quant à l’utilisation des outils numériques que mes stagiaires utilisent dans leur travail quotidien.

Ils sont tiraillés entre l’utilisation des outils maison (de l’institution, de l’organisme) et les outils présents sur la Toile. Ceux qui sont mis à disposition ne sont pas toujours très conviviaux, ils ont un côté un peu « ancien » dans leur ergonomie. Ils n’autorisent pas ce qui touche à la communication synchrone, ils ne sont pas très axés « travail collaboratif », …

De ce fait, les personnes ont tendance à aller voir ce que propose le Web 2.0. Elles lorgnent du côté des outils du nuage et finissent pas utiliser des applications mises à disposition gratuitement sur cet espace « sans fin ».

Beaucoup de personnes m’ont dit utiliser « Dropbox » (disque dur en ligne), d’autres les outils Google+ dont l’outil « Drive » équivalent de « Dropbox ». Elles mènent des projets avec des collègues en utilisant des moyens de partage comme l’écriture commune d’un document de traitement de texte avec « Docs » de Google+.

Devant ces usages qui se développent, j’ai créé un travail dirigé que vous trouverez à cette adresse ou en cliquant sur l’image ci-dessous :

http://jacques-cartier.fr/google_plus/consignes_google_plus_version_janvier_2015.pdf.

consignes_google_plus_version_janvier_20151Cliquer sur l’image pour télécharger le document

J’ai créé quinze comptes spécifiques à ce travail qui me permettent de faire travailler les stagiaires dans le contexte d’une communauté Google+.
communaute-formation-sphere-google-mozilla-firefox_2016-01-11_09-04-53

Cliquer sur l’image

Des documents sont déjà présents pour ce groupe collaboratif comme des consignes de travail, un document partagé dans lequel chacun se présente, une carte mentale partagée, …

Il y a de quoi être un peu bluffé par la qualité de ces outils qui autorisent à la fois un travail de production aisé et partagé et des outils de communication synchrone (webcam et micro) très performants…

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …
Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/
© 2015 J. CARTIER

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 31)

saut_elastique

PaternitéPas d'utilisation commercialePas de modification Certains droits réservés par regard 1400

Depuis plusieurs mois, il m’est demandé d’intervenir en formation de formateurs. À chaque fois, les contenus sont axés sur l’introduction du numérique dans la pratique des personnes présentes.

L’organisme employeur pousse ses troupes à utiliser la plateforme dont il dispose. Celle-ci est parfois ouverte depuis longtemps, mais les usages font défaut. Comme si, aujourd’hui, le numérique était devenu essentiel à la vie (la survie ?) de l’organisme. Les appels d’offres sur lesquels il se positionne font de plus en plus référence à la formation à distance. Le contexte touche à l’hybridité. Il faut inclure du distant dans la formation.

Et puis, plusieurs de mes formations portent sur l’utilisation du synchrone. La classe virtuelle est vue comme incontournable par les responsables. L’utilisation au quotidien de logiciels de communication comme Skype y est pour quelque chose. Tout un chacun discute avec ses amis, ses enfants et petits-enfants grâce à la webcam et le micro intégrés à l’ordinateur ou au smartphone. Cela donne des réflexes qui se reportent dans le monde de la formation.

Je commence souvent par un remue-méninge pour que les personnes évoquent leurs préoccupations par rapport à l’utilisation du numérique dans leur métier. Les réactions sont souvent :

· « Faut y aller ! »

· « C’est dans l’air du temps ! »

Je ne suis plus confronté à des réactions parfois violentes, surtout avec des personnes qui gèrent de l’humain et qui ont l’impression que la technologie tue la relation.

Mon dernier public fait partie de cette catégorie. Personne n’a contesté le fait de communiquer ainsi. Cela semble naturel. Mais avec une exigence de qualité.

Néanmoins, les organismes de formation vont vite en besogne. Ils demandent à leurs formateurs d’utiliser une plateforme asynchrone, de scénariser un minimum les contenus déposés, d’utiliser également la classe virtuelle en complément de l’asynchrone. Le saut est quand même important, surtout si aucun accompagnement spécifique n’est prévu. Ça fait un peu saut à l’élastique !

Et puis, souvent, les aspects financiers sont un peu éludés. Quid du paiement lié à la mise en ligne des contenus ? Quid de la rétribution de l’accompagnement ?

Cette nouvelle pratique pose crûment le problème du droit d’auteur. Le dépôt sur une plateforme se voit ! Le formateur n’est plus isolé dans sa salle. L’organisme de formation se doit d’afficher une politique claire quant au droit d’auteur. Le formateur cède-t-il son droit patrimonial, doit-il utiliser uniquement des ressources libres de droits ? Est-il au courant du comment faire ?

Existe-t-il une charte spécifique que tous les intéressés signent en amont de la production des ressources ?

Hum !!! …

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Classe virtuelle, modalité de formation d’avenir ?

page-daccueil-de-saba-mozilla-firefox_2015-09-20_08-55-47

Je viens de réaliser deux formations pour le CAFOC de Reims (formation au Diplôme de Formateur Professionnel d’Adultes), l’une en présence à Reims le 5 septembre de 9 h à 13 h, l’autre avec le même groupe en distanciel le 12 septembre de 9 h à 13 h.

La formation en présentiel a nécessité le déplacement à Reims d’une dizaine de personnes venant de Troyes, Chaumont, de la Meuse et de Besançon pour moi.

Rien que mon déplacement pour Reims revient à environ 500 euros. Si l’on compte le coup des déplacements des apprenants, la note est importante.

Il a fallu également financer pour le formateur une nuit d’hôtel, un repas du soir au restaurant.

Le second samedi en distanciel, chaque personne était à son domicile ou dans un lieu simplement connecté à Internet. Le travail s’est réalisé comme en présence, alternant moments expositifs, travail personnel, travail de groupe. Aucun souci technique n’est venu perturber la séance de façon significative, les éléments techniques ayant été vus et réglés en amont.

Nous avons utilisé la plateforme du pôle de compétences foad du Ministère Saba Centra.

Cette expérience interroge vraiment sur la portée du synchrone en formation :

– Le coût du transport : sa réduction permet par exemple de déporter cette dépense vers un financement de ressources médiatisées déposées sur une plateforme.

– Le temps du déplacement : j’ai roulé environ huit heures, les autres personnes six heures …

– Les risques inhérents au déplacement : un dizaine de personnes sur la route, le risque est présent. Quelles conséquences et quels coûts pour les personnes en cas d’accident ?

– L’empreinte écologique : elle n’est pas négligeable, x voitures, x kilomètres, …

– Les aspects pédagogiques améliorés :

scenario_classe_virtuelle

  • Le formateur avait préparé son scénario avec l’outil de la plateforme (nommé Agenda). Il a importé le fichier scénario 10 minutes avant le début de la séance.
  • Nous avons souvent travaillé en partageant nos écrans. Les personnes avaient à déposer une séance pédagogique sur la plate-forme Moodle. Nous n’aurions pas fait mieux en présence sur 10 postes informatiques !
  • Nous étions connectés en audio en permanence, en vidéo lorsque cela était utile.

A l’heure de restrictions de crédits, de difficultés budgétaires, il me semble que le synchrone peut être un bon moyen de monter des dispositifs qu’il faudrait peut-être abandonner faute de finance adaptée.

Les collègues canadiens, avec lesquels je travaille, sont de plus en plus touchés par des coupes drastiques dans leurs budgets. Ils s’orientent de plus en plus vers le synchrone. C’est dire pour un pays aussi développé que le Canada !

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr www.espace-formation.eu

Voir le profil de Jacques Cartier sur LinkedIn