Formation continue hybride

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La formation continue des professeurs d’école passe à la modalité hybride. Le site education.gouv.fr l’évoque en ces termes :

« À partir de la rentrée scolaire 2013, les modalités de formation continue des enseignants évoluent. Dans le cadre de leurs obligations de service (circulaire n° 2013-019 du 4-2-2013 publiée au bulletin officiel de l’éducation nationale n° 8 du 21 février 2013), les professeurs des écoles se consacrent durant au moins 9 heures à des actions de formation continue qui peuvent être, pour tout ou partie, réalisées à distance sur des supports numériques. »

Lien vers le site : http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=73295

Ce changement, passage d’un mode présentiel à un mode hybride (ou mixte), n’est pas si simple pour les acteurs concernés. Les responsables de formation doivent rapidement imaginer une nouvelle façon de faire. Ils auront dès décembre 2013 une plateforme nationale à leur disposition intitulée « M@gister ».

Les enseignants concernés, professeurs d’école, auront eux aussi un effort d’adaptation à faire. Quid des moments à distance, quelles activités mener, quelle organisation, quel accompagnement ?

J’ai imaginé et écrit un parcours de formation visant à aider les personnes concernées à faire le pas vers la modalité hybride :

Lien vers le parcours : http://www.jacques-cartier.fr/formation_hybride.

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

La formation ouverte et à distance, une simple modalité de formation ?

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La « Circulaire DGEFP(1) no 2001-22 du 20 juillet 2001 relative aux formations ouvertes et/ou à distance « FOAD » : définition, obligations des prestataires, imputabilité des dépenses sur l’obligation de participation des employeurs » est un document à mettre entre toutes les mains de personnes qui souhaitent intégrer du distant dans la formation continue ou initiale. (télécharger la circulaire)

 

Dans le paragraphe 2.3 on peut lire ce qui suit :

« Les modalités d’assistance pédagogique et d’encadrement constitueront un élément central d’appréciation de la réalité de la formation. Il en est de même des moyens mis en œuvre pour évaluer et valider les formations. »

« Ainsi la simple cession ou mise à disposition de supports (manuels, logiciels, matériels) à finalité pédagogique n’a pas la nature d’une action de formation professionnelle et doit être analysée, selon les circonstances, comme une livraison de prestation de services ou de biens.

« Tel est le cas, notamment, des opérations dont le seul objet est la fourniture à un tiers de matériels (ordinateurs, matériel audiovisuel, etc.), ou bien de « cours en ligne » sans accompagnement humain technique et pédagogique, ou encore d’applications pédagogiques livrées sous la seule forme de supports numériques, disquettes, CDROM) ou cédées par voie de téléchargement.

Il est ainsi clairement indiqué que l’accompagnement par un « formateur-tuteur » est déterminant. Cette personne assure différentes médiations que Brigitte Albéro (2) classe en trois types : une médiation portant sur les contenus de l’apprentissage – processus enseigner -, la seconde sur l’appropriation des ressources – processus former -, la troisième sur la relation de l’apprenant aux ressources et contenus de l’apprentissage – processus apprendre -.

« Le formateur-tuteur est au cœur du dispositif de formation mais sa participation au processus d’apprentissage ne doit pas se limiter à sa seule présence in situ. D’autres types d’encadrement existent, tels que l’accompagnement pédagogique et technique dans le cadre d’un lieu-ressource, le tutorat à distance qu’il soit synchrone ou asynchrone, etc. » (Paragraphe 3 de la circulaire DGEFP)

On ne se situe ainsi pas dans un contexte d’autodidaxie dans lequel l’apprenant serait laissé à lui-même mais dans un contexte d’autoformation tutorée.

Alors, la formation ouverte et à distance, une simple modalité de formation ?

Son introduction est un moment privilégié pour revisiter la problématique de la formation tout au long de la vie, s’interroger sur l’apprentissage en s’appuyant sur les recherches en sciences de l’éducation – en étudiant par exemple la notion d’apprentissage autodirigé – , réfléchir à la place de l’apprenant au centre du dispositif, questionner et aider le formateur à assumer les modifications nécessaires apportées à sa pratique et de façon plus profonde à son habitus (3), penser les changements nécessaires quant au travail de gestion organisationnelle et financière, d’ingénierie de l’organisme de formation qui se lance dans cette nécessaire aventure.

(1) DGEFP : Délégation Générale à l’Emploi et la Formation Professionnelle
(2) ALBERO, B., 2000, L’autoformation en contexte institutionnel. Du paradigme de l’instruction au paradigme de l’autonomie, Paris : L’Harmattan
(3) Habitus : manière d’être, aspect général de quelqu’un, de quelque chose