Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 26)

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Le formateur est appelé à opérer dans un contexte de modalité hybride, distance / présence. Il se trouve ainsi affublé d’une identité numérique (d’identités numériques ?) du fait qu’il doit communiquer avec ses apprenants en utilisant de nombreux outils.

Si on prend le courriel par exemple. C’est un outil du quotidien qui est entré dans la vie de tout le monde. Le formateur doit-il utiliser une adresse spécifique fournie par son organisme de formation, une adresse créée par lui-même dédiée à la formation, son adresse personnelle ? Il a un choix à faire qui définit déjà sa capacité à gérer ses identités numériques.

L’adresse privée n’est pas à conseiller, car les messages liés à la formation vont envahir la sphère personnelle. Le choix d’avoir une adresse institutionnelle (fournie par l’organisme de tutelle) semble la meilleure solution. Attention, néanmoins, à l’utiliser dans le respect de la charte d’utilisation. Les messages personnels sont à éviter même si leur utilisation est autorisée sous réserve d’écrire « Message personnel » dans l’objet du message. Il vaut mieux préférer son webmail à soi pour inviter des copains à une virée moto samedi prochain ! Notre formateur doit ainsi gérer des adresses de courriel différentes ayant chacune un objectif particulier dans un contexte spécifique.

Si le formateur souhaite utiliser un blogue avec ses apprenants, quel prestataire choisir, quels rôles donner aux apprenants sur le blogue ? Ils peuvent être contributeurs par exemple (terme propre au logiciel WordPress). Cela signifie qu’ils écrivent des articles qui sont validés in fine par le formateur pour apparaitre en ligne pour tous les internautes. Le formateur vérifie la teneur des propos et l’usage légal des ressources proposées (textes, images, sons, vidéos, …). Responsable de la création du blogue, il est un journaliste à part entière responsable des contenus et des commentaires.

Le réseau social est un vecteur de communication privilégié. Le formateur doit-il être présent sur Facebook par exemple ? Là encore, avec quelle « casquette », privée ou professionnelle ? Les apprenants doivent-ils visualiser les écrits, les photos, lire les contributions des amis du formateur, … ?

Utilise-t-il un compte Facebook dédié à la formation sur lequel il invite ses apprenants à venir réaliser des activités liées à la formation ? Comment gérer ce compte, le sécuriser pour en limiter l’accès à la communauté d’apprentissage concernée ?

Sur une plateforme de formation, l’environnement est plus bordé. Les personnes ne peuvent entrer dans l’espace que par un identifiant et un mot de passe. Il n’empêche que notre formateur y joue un rôle de communicant. Ses propos se doivent d’être mesurés dans les forums par exemple. Si un message s’adresse à une personne particulière, il privilégiera le courriel. Et puis, il a un rôle de modération des messages des apprenants…

On voit, à travers ces quelques exemples, que le formateur gère plusieurs identités numériques, mais aussi, en quelque sorte, celles de ses apprenants, surtout si ceux-ci n’ont pas encore une idée bien stable de cette problématique.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

A propos des deux diaporamas sur le droit à l’oubli

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Paternité Certains droits réservés par jaygooby

Je souhaite apporter des commentaires concernant les deux diaporamas publiés récemment sur mon blogue.

Il m’a semblé important de traiter le sujet en mettant en avant le fait que l’internaute doit avant tout « cultiver » son identité numérique. En effet, il vaut mieux prévenir que guérir. On s’aperçoit que chercher à effacer les données ou à les déréférencer n’est pas chose simple. Si l’on utilise le formulaire de Google, il faudra attendre environ deux mois pour avoir une réponse positive ou négative. S’adresser ensuite à la CNIL replongera l’internaute dans des procédures certainement longues et complexes.

Alors, avant de déposer des traces gênantes, il est préférable de s’assurer de la pertinence de ce que l’on publie. Pour cela, il faut avoir une bonne vision de l’espace Internet, de la conduite à tenir dans ses ramifications.

Néanmoins, si des traces vous concernant ont été déposées pour des internautes à votre insu, il sera nécessaire de faire « jouer » votre droit à l’oubli.

Les diaporamas proposent des pistes d’activités pédagogiques qui peuvent servir en formation et aux internautes lecteurs du blogue.

J’ai choisi une licence d’utilisation Creative Commons (Paternité, Pas d’utilisation commerciale, Partage à l’identique) dans un souci de partage pédagogique.

Bonne visualisation !

Jacques Cartier
www.espace-formation.eu

Identité sur la toile

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Image en Creative Commons sur Flickr : http://www.flickr.com/photos/fredcavazza/276533601/

En formation à distance les apprenants prennent conscience de leur identité numérique. Ils se connectent sur des plates-formes avec des identifiants, ils créent parfois un blogue pour gérer leur journal de bord, … On  pourrait profiter de ces moments pour inciter les personnes à « aller jusqu’au bout » de leur empreinte sur la toile en les invitant à se munir d’un nom de domaine personnel.

Les avantages sont nombreux :

  • Je m’appelle par exemple luc-martin.fr : je suis ainsi reconnu sur le réseau par ce nom ;
  • Mon prestataire peut me fournir des services : un site, un blogue par exemple. Je suis vraiment propriétaire de mes informations, des données que je peux sauvegarder ;
  • Je suis indépendant de toute publicité qui pollue les pages des blogues gratuits par exemple.

Tout ceci pour quelques euros par moi …

Gérer son identité sur Internet devient, selon moi, de plus en plus important. Les personnes sur Facebook sont-elles conscientes des informations qu’elles rendent visibles ? Sont-elles au courant de ce que l’hébergeur fait des ces données ? Que deviennent ces données si l’on souhaite supprimer  son compte ? Et quid de la publicité qui envahit les pages de « son » facebook ?

Formateurs et identités

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Lorsque que l’on travaille dans le monde de la formation on fréquente des collègues qui viennent souvent d’horizons très différents. C’est le cas souvent si l’on fait des interventions ponctuelles dans différents organismes.

Mais qui sont ces formateurs ? Des travailleurs sociaux, des enseignants, des professionnels spécialistes d’un savoir ou d’une technique ?

Les jeunes qui entrent dans cette activité (est-ce un métier, est-ce une profession ?) restent-ils longtemps dans cette fonction ? Souhaitent-ils aller vers d’autres cieux ? Comment voient-ils professionnellement leurs futurs proche et lointain ?

Vous serez interpellé(e) par l’ouvrage de Patrick Gravé (1) qui, grâce à une enquête approfondie, donne un éclairage évocateur sur l’identité du formateur, mot passe-partout.

Morceau choisi :

 » Pour Bernard Liétard (1992), les formateurs sont en quête d’identités sociales et professionnelles. On peut renverser l’assertion et se demander pourquoi cette identité ne s’est toujours pas constituée (ou ces identités ne se sont-elles toujours pas constituées). Et si les formateurs ne devaient surtout pas parvenir à construire leur identité sociale et professionnelle pour pouvoir continuer d’assurer leur rôle  de modifieurs de représentations, leur rôle d’aide à la construction d’identité sociale et professionnelle des apprenants ? Tout se passe comme si les formateurs devaient maintenir cette incertitude quant à leur identité sociale et professionnelle pour pouvoir exercer ces rôles majeurs. » – Page 61

Et dans la conclusion :

« Bien que formateur, tu n’es pas formateur, tu es enseignant (ou travailleur social ou technicien) ; bien qu’enseignant (ou travailleur social ou technicien), tu n’es pas vraiment enseignant (travailleur social ou technicien), tu es formateur ; les enseignants (ou travailleurs sociaux ou techniciens) sont des formateurs, mais pas comme les autres. En ce sens, ceux que l’on nomme les formateurs d’adultes ne sont-ils pas des sujets interculturés ? » – Page 192

(1) « Formateurs et identités », Education et formation – Puf – mai 2002

Formation, travail et professionnalisation

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Quelques réflexions après la lecture de l’ouvrage « Formation, travail et professionnalisation » coordonné par Richard Wittorski (L’Harmattan septembre 2005).

Le formateur présentiel qui suit une formation pour intégrer du distant dans sa pratique se trouve aux confins de plusieurs savoirs qu’il va devoir réinterroger, confronter aux savoirs des autres apprenants de son groupe de formation pour construire de nouveaux savoirs adaptés à la nouvelle mission qui lui incombe.

Van Der Maren (1) distingue cinq savoirs : les « savoirs scientifiques », les « savoirs appliqués », les « savoirs stratégiques » (savoirs pour l’action), les « savoirs praxiques » (savoirs d’action) et les « savoirs pratiques » (savoirs en action).

image042Figure page 185 

Le formateur arrive en formation avec ses savoirs pratiques personnels. Il va les confronter aux savoirs pratiques des autres participants lors des échanges et des travaux communs. Il est en effet capable de parler de ses savoirs pratiques, de les expliquer dans le contexte de l’action qu’il mène comme formateur. Ses collègues vont énoncer les leurs et de cet échange de pratiques vont émerger des savoirs praxiques (savoirs d’action) que le groupe va initier et formaliser.

On arrive ainsi à une professionnalisation du rôle du formateur en utilisant le groupe comme déclencheur du changement de posture.

(1)    Van Der Maren, J.-M (1996). Méthodes de recherche pour l’éducation. Bruxelles : De Boeck