Passer le gué vers le numérique

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Dans ma pratique quotidienne de consultant spécialisé dans l’utilisation du numérique en formations initiale et continue, j’observe que parfois, des organismes de formation voudraient que leur pôle de formateurs passe du tout présentiel à l’hybride (présence / distance) comme ça d’un « simple clic ».

C’est aller vite en besogne et ne pas prendre le temps de la réflexion sur les spécificités de l’introduction du numérique dans la pratique des formateurs. Je perçois un changement important à opérer dans la professionnalité des acteurs.

On pourrait établir trois catégories de changements :

  1. Les aspects techniques

L’hybridité induit l’utilisation d’outils de communication. Par exemple la classe virtuelle qui prend de plus en plus de place dans les dispositifs du fait de son ubiquité. Mais préparer / animer une classe virtuelle est un exercice de style qui ne tolère pas l’approximation. Créer la classe, préparer les contenus, inviter les participants, animer les échanges, …

Et puis les aléas techniques qui peuvent polluer la qualité de la rencontre. Le formateur doit avoir un peu de « bouteille » pour bien mener les choses.

2. Les aspects pédagogiques

Ce n’est pas l’outil qui fait les contenus et qui remplace le rôle pédagogique du formateur. Celui-ci doit se questionner sur la façon dont la classe virtuelle s’inscrit dans le curriculum de formation. Elle vient après un présentiel, après un travail sur un forum à thème. Elle prépare le futur présentiel, les activités individuelles et/ou collaboratives que les participants vont vivre, …

Le formateur doit ainsi inventer de nouvelles façons de travailler car il n’a pas les apprenants « sous la main » en salle 245 de 9 h à 17 h. Le formateur devient un « formateur chercheur » qui ré-invente des pans entiers de sa pédagogie.

En ce qui me concerne, le numérique a transformé mon métier d’enseignant. J’étais certainement dans un contexte de routines (1) bien établies en salle de cours. Sur ma plateforme, il m’a fallu écrire les objectifs de la formation, les consignes de travail à réaliser, imaginer les activités à distance, …

3. L’identité numérique

Le formateur numérique travaille en ligne, parfois entièrement à distance. Il se construit une identité numérique spécifique. Par exemple, il s’achète un nom de domaine qui qualifie son statut sur le Toile, il fait attention à ne pas mélanger en ligne vie privée et vie professionnelle, il se préoccupe de l’utilisation légale des ressources qu’il met à la disposition de ses apprenants.

Ce dernier point est très sensible car la plupart des personnes que je rencontre dans mes stages ne se préoccupent pas (du tout) de la légalité des contenus glanés ça et là sur Internet. Ce n’est pas une critique bas de gamme que je fais là. Je crois que les personnes pensent que le Toile est un lieu commun partagé en toute liberté. Combien de formateurs scannent des pages d’ouvrages, intègrent des images trouvées sur des sites, publient des morceaux choisis sans citer la source, …

J’essaie de les sensibiliser sur ce sujet en leur mettant à disposition un parcours de formation que j’ai écrit sur l’utilisation des licences Creative Commons : http://jacques-cartier.fr/utiliser_ressources_legalite/parcours/

Bien à Vous,

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.euwww.espace-formation.biz

  1. Le mot routine n’est pas péjoratif, je l’emploie au sens de procédures bien rodées que l’on répète au quotidien.

Les impacts du numérique en formation

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Les impacts du numérique en formation

Les pratiques des organismes de formation et le développement des formations multimodales

MARDI 29 novembre 2016 – Canopé de Reims

Mon intervention est intitulée : « En tant qu’organisme de formation, comment saisir l’opportunité du numérique ?« 

Le programme : http://foad.cr-champagne-ardenne.fr/uploads/PDF/20161129_programme_journee_foad.pdf

Le tout distant, une vue de l’esprit ?

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By Einar Faanes – Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=620293

Les organismes de formation que je rencontre ces temps-ci souhaitent inclure une dose de distant dans leurs curricula de formation. L’hybride (mélangeant présence et distance) semble devenir un passage obligé.

Faut-il alors avoir peur du tout distant ?

Un collègue évoquait récemment son impossibilité de monter une formation car les apprenants sont issus d’une île lointaine et ne peuvent se rendre une fois par mois en métropole pour des raisons de coût. Dans ce cas de figure, pourquoi ne pas pousser le bouchon plus loin et se lancer en tout distant ?

Les moyens de communication synchrones (comme la classe virtuelle) fonctionnent aujourd’hui de façon très satisfaisante du fait de l’augmentation significative des débits proposés pour la connexion Internet.

La plateforme de formation  asynchrone garde touts sa pertinence pour déposer les contenus, échanger sur des forums, remettre des travaux individuels et collectifs.

Quelques grammes de bon sens, un choix judicieux d’outils pour préparer et déguster, un gros zeste de scénarisation, une pincée d’audace, un accompagnement aux petits oignons, des apprenants gourmands, une équipe en appétit et les choses deviennent possibles !

Jacques Cartier

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Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 25)

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« En tant que formateur, comment saisir l’opportunité du numérique ? »

C’est le thème que l’on me demande de traiter pour un organisme de formation à Montpellier. (Début octobre 2015).

Je me pose la question de la façon d’évoquer ce vaste sujet en une heure et demie sans laisser les personnes présentes sur leur faim à l’issue de mon intervention. Il me semble ainsi pertinent de leur mettre à disposition un parcours de formation qu’elles pourront réutiliser à leur rythme après cette journée de formation, si les contenus leur semblent pertinents.

Lors du présentiel, je fais une introduction aux notions qui semblent incontournables, je m’appuie sur le parcours que je mets à disposition.

Le public est composé de formateurs occasionnels. Des personnes qui, en fait, interviennent quelques heures ou dizaines d’heures par an comme formatrices. Ce n’est pas leur métier, ce n’est pas non plus leur tasse de thé. Elles sont un peu électrons libres, employées de façon épisodique par l’organisme de formation.

L’organisme, lui, se tourne de plus en plus vers l’utilisation de l’hybride dans ses actions de formations. Il souhaite que les occasionnels introduisent pas à pas du distant dans leurs pratiques. Tout le monde semble un peu gêné aux entournures pour se lancer dans cette nouvelle aventure. Comment former les occasionnels, que leur demander, quel pourcentage de formation mettre à distance ? Les formateurs, eux, se demandent ce que l’on va exiger d’eux, quid des compétences numériques à posséder ? Certains évoquent le fait qu’ils ne sont pas spécialement utilisateurs des technologies.

Il leur est dit qu’il faut changer leur pratique, que le frontal n’est plus de mise, qu’il faut partir des besoins des personnes, qu’il faut leur mettre à disposition en ligne des ressources, …

C’est beaucoup de choses pour un seul homme, comme ça, à chaud. C’est un peu déstabilisant pour le formateur lambda qui n’avait pas eu de journée de formation depuis longtemps ! Le changement proposé est double, car il concerne à la fois la pédagogie et l’utilisation du numérique.

Mais le projet est intéressant pour tout le monde, me semble-t-il. Pour l’organisme de formation qui repense la formation de ses formateurs en faisant évoluer les pratiques vers l’hybride, pour les formateurs qui ont à re-questionner leurs pratiques pour les faire évoluer en introduisant du numérique et de la distance.

Lien vers le parcours mis à disposition : http://www.jacques-cartier.fr/intervention_montpellier/

Ce parcours, comme souvent pour mes productions, est écrit à l’aide du logiciel auteur Exelearning et exporté en site web.

Il est régi par la licence Creative Commons: Licence d’attribution en partage identique et non commercial 4.0.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Université au centre ville de Toronto

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Photos Jacques Cartier en Creative Commons, Paternité, Pas d'utilisation commerciale, Partage à l'identique

En mission à Toronto au Canada, j’ai pris cette photo depuis ma chambre d’hôtel.

Comme la thématique du forum auquel je vais participer les 5 et 6 mars porte sur l’introduction du numérique dans les pratiques pédagogiques, cette implantation de l’Université Ryerson en pleine ville me fait réfléchir.

Devant les difficultés par exemple de pénétrer au centre d’une grande ville comme Toronto, la formation hybride (incluant du distant) semble incontournable. Cette modalité est de plus en plus d’actualité.

Mais, et c’est justement un des thèmes du forum, quels changements doivent intervenir dans le cœur du métier d’enseignant si la modalité hybride est mise en jeu ?

Je compléterai ce billet après les conclusions du forum !

Jacques Cartier
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Formation continue hybride

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La formation continue des professeurs d’école passe à la modalité hybride. Le site education.gouv.fr l’évoque en ces termes :

« À partir de la rentrée scolaire 2013, les modalités de formation continue des enseignants évoluent. Dans le cadre de leurs obligations de service (circulaire n° 2013-019 du 4-2-2013 publiée au bulletin officiel de l’éducation nationale n° 8 du 21 février 2013), les professeurs des écoles se consacrent durant au moins 9 heures à des actions de formation continue qui peuvent être, pour tout ou partie, réalisées à distance sur des supports numériques. »

Lien vers le site : http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=73295

Ce changement, passage d’un mode présentiel à un mode hybride (ou mixte), n’est pas si simple pour les acteurs concernés. Les responsables de formation doivent rapidement imaginer une nouvelle façon de faire. Ils auront dès décembre 2013 une plateforme nationale à leur disposition intitulée « M@gister ».

Les enseignants concernés, professeurs d’école, auront eux aussi un effort d’adaptation à faire. Quid des moments à distance, quelles activités mener, quelle organisation, quel accompagnement ?

J’ai imaginé et écrit un parcours de formation visant à aider les personnes concernées à faire le pas vers la modalité hybride :

Lien vers le parcours : http://www.jacques-cartier.fr/formation_hybride.

Jacques Cartier
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Dispositif hybride, quid ?

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Dans mon entourage professionnel, il est de plus en plus question, en formation initiale et en formation continue,  de monter des dispositifs hybrides, alliant présence et distance.

Le projet européen Hy-Sup s’est intéressé à la question et a publié le fruit de ses travaux sur le site suivant :

http://spiralconnect.univ-lyon1.fr/webapp/website/website.html?id=1578544

Définition d’un dispositif hybride sur Hy Sup :

« Par « dispositif hybride », nous faisons référence à tout enseignement, cours, formation… de l’enseignement supérieur qui s’appuie sur un environnement numérique (plate-forme d’apprentissage en ligne). Cette plate-forme propose aux étudiant-e-s des ressources à utiliser ou des activités à réaliser à distance (en dehors des salles de cours) et en présence (dans les salles de cours). La proportion des activités à distance et en présence peut bien sûr varier selon les dispositifs. »

L’équipe de chercheurs a ainsi recensé 6 types de dispositifs :

  • la scène (type 1) : enseignement présentiel privilégié ;
  • l’écran (type 2) : mise à disposition de ressources textuelles et multimédia ;
  • le cockpit (type 3) : intégration d’outils de gestion, d’interactions et d’échanges ;
  • l’équipage (type 4) : soutien au processus de construction des connaissances et sur les interactions interpersonnelles ;
  • le métro (type 5) : centré sur différentes formes d’accompagnement et tendant vers l’ouverture ;
  • l’écosystème (type 6) : caractérisé par l’exploitation d’un grand nombre de possibilités technologiques et pédagogiques offertes par les dispositifs hybrides.

Remarque : se rendre sur le site pour plus de détails sur ces 6 types.

Un outil de positionnement aide à qualifier un dispositif que l’on mène soi-même. J’ai fait le test avec une formation en master 2 – Métiers de l’Enseignement et de la Formation – MEF – Préparation au C2i2e (1) que j’ai menée cette année.

>>>> Lien vers le positionement de cette formation

1. C2i2e : Certificat Informatique et Internet de l’Enseignement Supérieur niveau 2 Enseignant.

Jacques Cartier
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