Conte pour un formateur occasionnel – Scène 9

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Source : http://freeforcommercialuse.net/portfolio/blank-paper-notebook-desk/

Je vois bien que notre formateur est branché par le numérique. Il a un ordinateur portable sur le bureau, un smartphone qui lui sert de connexion à Internet. Tous ses contenus sont sur sa machine et en ligne.

Mais il ne semble pas être un inconditionnel. Vous voyez ce que je veux dire, la personne qui pense qu’il n’y a pas de salut sans le numérique dans l’acte d’enseigner et d’apprendre. Comme si l’ordi était un outil magique qui diffuse le savoir dans votre cerveau. La théorie des vases communicants !

Certes le Jacques (notre formateur) est très présent sur la Toile. Mais vu le boulot qu’il fait, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.

Lors d’une pose, je l’ai interrogé sur sa présence sur le réseau professionnel LinkedIn. (Il a 5200 contacts !). Il m’a simplement répondu que c’est un lieu privilégié de contacts professionnels et une façon efficace de trouver des missions pédagogiques à assurer. N’oublions pas qu’il est consultant et vis de ses prestations.

Un collègue l’a questionné sur « la classe inversée ». J’ai bien aimé sa réponse tout en nuance. Commodité de ressources mises en ligne, travail en amont des participants, retravailler les choses en présence, …

Mais Jacques relativise. C’est une technique pédagogique, à utiliser en fonction des apprenants, du type de formation. Elle ne date pas d’aujourd’hui alors qu’en ce moment on fait passer la classe inversée pour une révolution pédagogique.

J’ai appris que notre formateur avait été instituteur à vingt ans dans une classe à tous les cours. Il a été membre d’un mouvement pédagogique « L’école moderne » qui militait en faveur de la pédagogie Freinet.

C’est peut-être pour cela qu’il n’est pas sectaire et utilise des méthodes pédagogiques diversifiées sans médire de la pédagogie traditionnelle que certains caricaturent. Il nous dit que la méthode expositive garde toute sa pertinence. C’est le formateur qui choisit ce qui, selon lui, marchera le mieux à l’instant T.

Quand même, tout cette panoplie numérique qu’il utilise me séduit. Il a tout sous la main pour lui et ses apprenants. Il peut se dissocier des contenus car tout est en place et s’attacher ainsi à l’animation de la formation. Et puis, cette souplesse de modifications d’une ressource : changement de lien, modification apportée à une carte conceptuelle, à un parcours publié en ligne, …

J’ai remarqué que, lorsque notre formateur a fourni un ordinateur portable à chaque personne du groupe, personne n’a semblé perturbé. Comme si cet outil était un appendice ordinaire du travail du quotidien. D’ailleurs, des stagiaires avaient déposé une tablette devant eux dès le début de la formation. C’est un outil professionnel sur lequel sont stockées toutes les documentations techniques concernant leur métier. Avant, ils traînaient un petit chariot avec les documentations papier !

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Conte pour un formateur occasionnel – Scène 8

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Source en CC0 : https://pixabay.com/fr/pr%C3%A9sentation-entra%C3%AEneur-tuteur-407291/

Notre formateur suit une trame qui lui est imposée par l’organisme qui l’emploie. On lui demande notamment d’évoquer les situations délicates que l’on est susceptible, en tant que formateur, de rencontrer un jour ou l’autre.

Certains d’entre nous sont déjà des formateurs occasionnels, certains permanents. Ils évoquent chacun à leur tour quelques moments difficiles qu’ils ont traversés.

–  La présence d’une personne envahissante qui monopolise la parole en racontant un peu sa vie ;

–  Le stagiaire qui conteste tout, remet continuellement son entreprise en cause ;

– La personne qui manipule son smartphone ostensiblement et à intervalles réguliers ;

– Le groupe difficile à dynamiser : longs silences malgré les relances du formateur, peu d’entrain pour réaliser les activités ;

– Les pauses qui s’allongent, les personnes qui arrivent en retard après la pause, …

–  …

Nous réfléchissons ensemble pour trouver des parades à ces difficultés. Notre formateur nous propose de visualiser une vidéo qui met en scène un jeune enseignant débutant et sa classe de troisième : http://www.dailymotion.com/video/x142q9d .

La vidéo déclenche un débat intéressant dans la salle. Que se passe-t-il dans cette salle de cours, pourquoi ce chahut qui dure ? Et six mois plus tard, quels sont les changements intervenus ?

Mes collègues avancent des raisons, proposent des solutions. Chacun prend conscience que beaucoup de choses se jouent dès la préparation de la séquence pédagogique : l’organisation de la salle, la disposition des tables et chaises, le soin apporté au contenu et à la façon de le pédagogiser.

Les participants font preuve de beaucoup de bons sens. Les échanges sont nombreux. On perçoit des représentations différentes quant à l’acte d’enseigner et d’apprendre. Notre formateur pilote le débat, distribue la prise de parole, reformule si besoin, …

Il introduit comme cela pas à pas des notions théoriques. Par exemple les différentes méthodes pédagogiques. Ces apports passent bien car nous sommes toutes et tous dans le vif du sujet.

Remarque : bravo à ce jeune enseignant qui a accepté d’être filmé dans sa salle. Un groupe de professeurs l’accompagnait et lui prodiguait des conseils lors de la visualisation des vidéos. Il n’empêche, il faut oser se prêter au jeu !

Si on vous sollicitait pour être filmé dans votre salle, vous seriez d’accord ?

Le métier est un peu solitaire. Il serait intéressant de travailler parfois en doublette avec une collègue ou un collègue de confiance pour avoir un retour constructif de sa propre action.

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Conte pour un formateur occasionnel – Scène 7

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Source en CC Paternité, partage à l’identique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Magic_Lantern.jpg

J’ai travaillé à la maison sur le parcours mis à disposition par notre formateur concernant le droit d’utilisation de ressources : http://jacques-cartier.fr/utiliser_ressources_legalite/parcours/

Je suis étonné de voir que le moteur de recherche Google permet la recherche de documents en licences CC (Creative Commons). Lien du parcours de Jacques qui explique cela : http://jacques-cartier.fr/utiliser_ressources_legalite/parcours/des_cc_sur_google.html

C’est drôlement pratique pour obtenir rapidement des résultats filtrés par types de licences.

Et puis, il existe un moteur de recherches initié par l’association Creative Commons : https://search.creativecommons.org/?lang=fr

Testez ces deux solutions, vous serez surpris de la simplicité de la démarche.

Cette thématique m’a piqué au vif. J’ai eu envie d’aller plus loin et j’ai trouvé un document traitant du droit d’auteur mis à disposition des enseignants et des formateurs : http://www.sup-numerique.gouv.fr/cid117483/guide-du-droit-d-auteur.html

La première lecture pourra vous sembler un peu ardue. A la seconde, vous serez déjà plus à l’aise pour intégrer les notions principales concernant, le droit moral, le droit patrimonial, … Vous prendrez connaissance de « l’exception pédagogique » qui facilite un peu le travail.

Je me sens plus à l’aise maintenant pour mieux utiliser les ressources que je trouve en ligne. Je cite systématiquement ma source, indique le type de licence d’utilisation, … Un vrai pro !

Et puis, je me dis que moi aussi je me mets à produire des documents. Quid de la licence à appliquer à ceux-ci ? En Copyright, en licence Creative Commons et laquelle ?

J’aime la photographie numérique et ai envie de publier mes photos sur flickr.com. J’ai vu que notre formateur publie les siennes sur ce site www.flickr.com/photos/jacques_cartier/ sous licence Creative Commons.

Aujourd’hui, je me sens moins « tarte » dans l’utilisation de la Toile. Une formation, une rencontre d’un formateur « branché », des échanges avec des collègues futurs formateurs et hop !

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 18)

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J’évoquais dans la page 17 un dispositif de formation en ligne regroupant des centaines de personnes. Il s’agissait d’une formation au B2i adulte pour des enseignants et des personnels administratifs de l’éducation nationale. Une dizaine d’années plus tard, je fais un retour réflexif sur cette aventure. (Je travaillais de concert avec un collègue sur ce projet.)

Le premier point marquant de cette formation est la mutualisation : un organisme partenaire disposait d’une plateforme de formation et de nombreuses ressources concernant le B2i adulte. Nous avons passé un accord pour utiliser ces deux outils. Nous avons simplement retouché des ressources pour les adapter à notre public cible.

Souvent, des organismes travaillent seuls, avec leurs propres outils, leurs propres contenus, ce qui les oblige parfois à réinventer la roue alors qu’une mutualisation même ponctuelle permettrait de travailler plus vite et à moindre coût.

Le second point marquant est le fait que cette formation était pratiquement entièrement en ligne. Seule une matinée en présentiel était organisée pour lancer le dispositif. Les apprenants étaient regroupés dans un établissement par zones géographiques ce qui limitait les déplacements. Passer du tout présentiel au pratiquement tout distanciel était un beau challenge que les participants ont abordé avec sérénité. Nous n’avons pas eu à faire face à une fronde sur la modalité du parcours de formation.

Le troisième point concerne l’accompagnement des apprenants : les formateurs de cette institution, habitués au présentiel, ont vu leur rôle se transformer. Ils ont assuré un accompagnement à distance de leur groupe d’apprenants. Il leur a fallu suivre quelques formations présentielles et quelques réunions synchrones en amont de l’ouverture de la formation pour qu’ils réfléchissent en commun et intègrent pas à pas ce nouveau rôle. On peut dire qu’ils ont, dans leur très grande majorité, joué le jeu et tutoré au mieux leurs ouailles. Les stagiaires ont souvent apprécié ce suivi au plus près de leurs préoccupations.

Quatrième point non négligeable, le financement du tutorat ! À cette époque, le tutorat était financé à hauteur d’une heure de ménage ou de garde d’enfant le soir quand les parents vont au cinéma ! Il a fallu convaincre nos responsables que le tuteur est un professionnel, spécialiste des contenus et de la communication. Chaque tuteur a ainsi été doté d’un forfait d’heures d’accompagnement financé correctement.

Le cinquième point que je vais évoquer nous a beaucoup surpris : la formation débouchait sur l’obtention d’une attestation B2i adulte officielle. Lorsque que nous étions un peu en retard dans l’envoi de ce document, les collègues nous envoyaient rapidement un courriel pour le réclamer. Nous avons ainsi perçu que les stagiaires se plaçaient dans un contexte de formation tout au long de la vie et que cette attestation allait être placée dans une chemise pour une future validation d’acquis professionnels par exemple.

Rem : mon mémoire de master 2 concerne ce dispositif : www.jacquescartier.net/master/memoire.pdf

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 11)

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Lien vers le site : http://www.vae.gouv.fr/

Il n’y a pas si longtemps, la scolarité s’arrêtait normalement après l’obtention d’un diplôme, puis c’était l’entrée dans la vie active. Le diplôme initial collait à la peau. Le cursus de vie professionnelle était tout tracé…

Heureusement que l’idée de formation tout au long de la vie a fleuri dans les esprits pour sortir de ce qui pouvait être un enfermement à perpétuité. La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience, la VAP (Validation des Acquis Professionnels) ont été pour de nombreuses personnes la solution pour dynamiser une nouvelle carrière.

La Validation des Acquis Professionnels – VAP – est un dispositif qui permet d’intégrer une formation de l’enseignement supérieur, sans avoir le diplôme requis. Les expériences professionnelles et personnelles du candidat sont reconnues et lui permettent d’accéder à la formation sans les diplômes exigés.

Pour mon cas personnel, ce dispositif m’a permis d’intégrer une formation de master 2. Quelle respiration de retourner sur les bancs de l’école, de passer du statut d’enseignant à celui d’élève l’année de mes cinquante ans !

On redevient potache mais un observateur scrupuleux de la façon de travailler des enseignants qui nous encadrent. On se surprend à découvrir leurs mimiques, leurs tics, leurs maladresses. Mais la plupart du temps on apprécie leurs qualités, leur professionnalisme, leurs stratégies pédagogiques, leur ouverture.

On s’aperçoit aussi qu’il faut du temps pour apprécier un formateur ou un enseignant. Je me rappelle d’une personne qui nous semblait un peu raide. Nous arrivions en cours même un peu stressés. Et puis, lors d’un travail en collaboration avec des universités européennes, nous avons perçu toute la qualité et l’exigence de préparation des travaux menés avec cet enseignant. Nous étions dix fois plus prêts que les étudiants des autres sites. Nous lui avons fait une sacré fête à la fin du cursus de formation !

Et puis, des surprises de taille ! On se surprend à envoyer des fusées en papier dans la salle de classe en présence d’une personne intervenant occasionnel ! Au bout d’une vingtaine de minutes, la salle s’est transformée en base spatiale avec des départs de fusées dans tous les sens.

Ce comportement un peu ridicule de notre part m’a fait prendre conscience qu’il existe des constantes sans lesquelles l’enseignement et l’apprentissage ne peuvent pas se réaliser.

Par exemple la façon dont la personne se présente au groupe, sa tenue, le ton de sa voix, la cohérence de son discours, la qualité des documents distribués, …

Jack, formateur occasionnel.

A suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER