Professeur, formateur, tuteur, e-formateur, …

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Lors d’une formation de formateurs récente dans le cadre du dispositif national « Enseigner pour le futur » un moment du débat a porté sur le rôle du formateur dans un dispositif en ligne. Le consensus n’était pas facile à trouver quant à la dénomination de la personne qui anime la formation. En lisant Patrick Lenormand on perçoit mieux les choses …

« Apprendre, c’est avant tout bouger : c’était, c’est encore se rapprocher d’une source de savoir, humaine ou pas ; c’est également accepter de passer à un état de connaissance supérieur, accepter de changer.

Avec l’apprentissage en ligne, c’est le savoir qui se déplace : il s’adapte à vous, à vos contraintes, à votre environnement. Un mouvement qui à son tour en déclenche d’autres, en cascade. Celui qui apprend devient ainsi celui qui choisit la formation, la gère, lui donne un sens en la réutilisant ou pas. Plus autonome, plus impliquée, plus critique aussi, la personne qui choisit d’apprendre en ligne s’approprie en partie les responsabilités du professeur/ formateur.

Les formateurs voient eux aussi leur fonction évoluer : c’est comme si la « pyramide du savoir », du haut de laquelle ils professaient, s’était affaissée et replaçait le détenteur du savoir au même niveau que les apprenants, dans un rôle essentiel mais qui n’est plus central. C’est l’apprenant qui, maintenant, est le centre du processus de formation ; il apprend en partie seul ou avec d’autres apprenants grâce à l’effet réseau développé par le média Internet. Le professeur/formateur fait partie de ce réseau et garde un rôle moteur qui évolue vers la médiation, l’échange, le conseil.

Tous ces mouvements -et la recherche en parallèle de nouveaux équilibres-, le monde du savoir est en train de les vivre, de les comprendre, de les intégrer enfin. Ce monde est en train d’apprendre, lui aussi, une drôle de leçon : Internet facilite, accélère la transmission des connaissances, et le savoir devient peu à peu l’affaire de tous. »

Guide de la Formation en Ligne, Patrick Lenormand, Micro Application

Formateurs réflexifs

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Dans son ouvrage « Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant » (1) Philippe Perrenoud aborde la question des formateurs. Pour que ceux-ci deviennent des formateurs réflexifs il faut une intention et des dispositifs, les uns centrés sur l’entraînement à la réflexion et à l’analyse, les autres centrés sur différents champs de connaissances et de compétences.

Philippe Perrenoud retient dix défis, formulés comme des contradictions difficiles à surmonter : (page 158)

 

1. Travailler sur le sens et les finalités de l’école sans faire oeuvre de mission.

2. Travailler sur l’identité sans incarner un modèle d’excellence.

3. Travailler sur les dimensions non réfléchies de l’action et sur les routines, sans les disqualifier.

4. Travailler sur la personne et sa relation à autrui sans devenir thérapeute.

5. Travailler sur les non-dits et les contradictions du métier et de l’école sans désenchanter le monde.

6. Partir de pratiques et de l’expérience sans s’y enfermer, pour comparer, expliquer, théoriser.

7. Aider à construire des compétences, exercer la mobilisation des savoirs.

8. Combattre les résistances au changement et à la formation sans les mépriser.

9. Travailler sur les dynamiques collectives et les institutions, sans oublier les personnes.

10. Articuler approches transversales et didactiques, garder un regard systémique.

(1) « Développer la pratique réflexive dans le métier d’enseignant » – Philippe Perrenoud – 2003 – ESF éditeur
Collection dirigée par Philippe Meirieu

La formation Soffia en cours de conception

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Nous sommes en train de préparer une formation de formateurs à la distance appelée SOFFIA (Système Ouvert de Formation de Formateurs Inter Académique) avec des collègues des Dafco de Poitiers et de Besançon.

Cette formation dure 70 heures réparties sur 28 heures en présence (4 jours) et 42 heures à distance. Elle regroupe 28 formateurs et est organisée autour de 5 modules :

1. Formation ouverte et à distance : concepts, définitions et ingénierie

2. Utiliser un espace de travail collaboratif

3. Conduire un projet en formation ouverte et à distance

4. Concevoir et mettre en oeuvre un parcours individualisé et des outils d’autoformation accessibles à distance

5. Rôle du centre de ressources dans un dispositif de formation individualisée ouverte et à distance.


Nous utilisons
un environnement d’apprentissage virtuel basé sur 3 outils différents en fonction des besoins de cette formation :

– la plateforme« e-cafoc » (plate-forme élaborée par la Dafco de Besançon) qui servira de lieu de ressources, de communication, de suivi et de productions personnelles ;

– le collecticiel « QuickPlace« , hébergé par le pôle de compétences foad du Ministère à Toulouse, sera utilisé pour les activités collectives (travail coopératif et travail collaboratif) ;

– la plateforme « Centra » hébergée par le pôle de compétences foad du Ministère à Toulouse pour les échanges synchrones (audioconférence).


>>> Planning de la formation <<<

Pour les concepteurs il s’agit de préparer un mélange « savant » d’activités qui vont concourir à la qualité des apprentissages en utilisant les spécificités des 3 lieux virtuels avec pertinence.

Il y a encore « du clic sur la planche » pour être prêt fin septembre ! Nous vous donnerons des nouvelles.

Le rôle du formateur dans la préparation au concours de Secrétaire Administrative Scolaire et Universitaire

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Dans l’académie de Besançon, la préparation au concours de SASU est proposée en partie à distance. Pour la note administrative comme pour l’épreuve 2 (réponse à cinq à 10 questions de nature juridique), les séances en présentiel alternent avec les séances à distance. Chaque formateur suit entre 10 et 15 apprenants.

Les outils utilisés sont :

– un site Quickplace qui permet de retrouver les exercices et les corrigés mais qui donne aussi accès à un forum d’échanges. Les formateurs disposent d’un espace réservé qui leur permet d’échanger et de concevoir les sujets et les corrigés. Chaque apprenant dispose d’une fiche de suivi que le formateur et l’apprenant concerné sont les seuls à pouvoir consulter et modifier.

– Le courrier électronique en complément, notamment pour adresser aux apprenants les devoirs corrigés.

Dans cette formation qui mêle présence et distance, le formateur assume plusieurs rôles.

En amont de la formation, il est au sein d’une équipe un concepteur de devoirs. La pluralité des métiers représentés au sein de l’équipe des formateurs est une richesse qui permet de donner aux apprenants des conseils précis sur les principaux sujets au programme du concours et de les illustrer par des exemples concrets.

Lors des séances en présentiel, ce sont plus les aspects méthodologiques qui peuvent être discutés avec les apprenants. Ces séances sont aussi l’occasion de soutenir la motivation des apprenants de façon globale.

Les séances à distance permettent le contact personnel entre l’apprenant et le formateur qui peut alors être qualifié de tuteur. Par l’intermédiaire de la fiche de suivi, le suivi personnalisé des apprenants prend une dimension plus formelle. Elle permet à chaque apprenant de retrouver les étapes de son apprentissage et donne à voir une progression qui est un élément fort de la motivation. Le courriel permet de prendre contact directement avec ceux qui sont tentés par l’abandon

A distance les contacts entre apprenant et formateur passent par l’écrit et il est capital pour le formateur d’avoir le souci de la « juste remarque » : celle qui à la fois pointe les inexactitudes ou les erreurs mais qui permet aussi à l’apprenant de trouver une motivation pour poursuivre la formation. Le formateur doit donc trouver un équilibre entre son rôle d’expert des sujets au programme et un rôle qui relève plus du soutien motivationnel à apporter aux apprenants. C’est à la fois assez banal et essentiel d’affirmer que la confiance en soi est un paramètre capital dans une préparation concours. L’évaluation des travaux personnels est donc une des tâches primordiales du formateur, elle doit être menée avec finesse et précaution.

Par rapport au groupe d’apprenants, le formateur/tuteur doit s’efforcer aussi de favoriser les interactions dans le groupe. Le site Quickplace permet outre les échanges personnels par la fiche de suivi, des discussions asynchrones en groupe grâce aux forums. C’est sans doute un des aspects les plus complexes du rôle du formateur dans la mesure où le concours implique une forte concurrence entre les apprenants. Pour cette raison et sans doute aussi par manque de confiance en eux, ils sont peu enclins à engager des discussions dans les forums.

Dans ce dispositif, le formateur/tuteur est impliqué dès la conception de la formation : il doit être à la fois expert de contenu et fournisseur d’appui méthodologique, de soutien motivationnel, évaluateur attentif et acteur du suivi personnalisé des apprenants.

Pour conclure, il importe aussi que les formateurs apportent leur contribution à l’évaluation globale de la formation. C’est un des aspects du rôle de formateur sur lequel des progrès sont possibles parce qu’il est encore assez peu développé et formalisé. Les résultats des apprenants à l’issue du concours sont certes une donnée à prendre en compte mais d’une part, elle est plus quantitative que qualitative et elle ne prend pas vraiment en compte le groupe d’apprenants et la formation dans leur globalité.

N. R, formatrice

Ingénieur en foad