Evolution du concept de formation à distance

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A l’origine il s’agissait d’utiliser la formation à distance pour travailler avec des publics distants géographiquement des lieux de formation. Aujourd’hui on s’aperçoit que cette façon de voir les choses a évolué et que la formation a distance est aussi utilisée en présence. Les apprenants, par exemple, sont réunis chaque semaine dans un lieu donné et une partie des travaux et des échanges réalisés le sont via des outils du distant.

On ne cherche ainsi pas à pallier le souci de l’absence physique mais plutôt d’améliorer la qualité de la formation au-travers de plus d’échanges et de souplesse. Une formation présentielle devient ainsi hybride.

Je travaille ainsi avec des élèves de collège que je vois une fois par semaine en présence. Ils disposent d’une plate-forme collaborative (www.technoenligne.fr) sur laquelle ils bénificient chacune et chacun d’un espace personnel pour publier leurs travaux et échanger avec moi dans un premier temps.

En fonction des travaux réalisés (travail personnel, travail de groupe) l’accès à l’espace d’un élève peut être ouvert à d’autres qui participent à une production commune. Les échanges (forum, dépôt de documents) sont ainsi facilités. Un espace ouvert sur Internet permet de présenter les travaux réalisés sur la toile. Et rien n’empêche d’ouvrir l’espace à une classe distante dans le cadre d’un échange international …

« Il s’agit avant tout en introduisant ces différentes formes de flexibilité d’optimaliser la distance transactionnelle (1)  en manipulant la distance physique afin de tirer parti des outils cognitifs mis en oeuvre pour assurer la mise à distance de certains aspects de la formation. Ainsi, selon cette conception, on peut très bien introduire des activités à distance dans un cours qui réunit physiquement les étudiants chaque semaine pour élargir et diversifier les possibilités d’échanges entre les apprenants ainsi qu’avec le tuteur. »(2) – Page 205 

(1) Sur la notion de distance transactionnelle, voir l’article d’Annie Jézégou sur les archives ouvertes Edutice : http://edutice.archives-ouvertes.fr/docs/00/19/31/47/PDF/Jezegou_AREF_07.pdf

(2) Depover, C, Karsenti, T, Komis, V, (2009), Enseigner avec les technologies, Québec : Presses de l’Université du Québec.

L’espace de travail virtuel

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Dans « Lettre à un jeune professeur » (1) Philippe Meirieu s’adresse aux jeunes collègues qui débutent dans la carrière d’enseignant. Il leur donne ce conseil pages 59 et 60 : 

« Pourquoi  ne pas prendre le temps, avant l’arrivée des élèves, de disposer les tables pour favoriser le type de communication qu’on veut promouvoir ? Pourquoi ne pas décrire précisément au tableau les objectifs et le déroulement de la séance afin qu’en entrant, les élèves sachent, d’emblée, ce qu’on attend d’eux ? Pourquoi ne pas inventorier précisément avec eux le matériel dont on aura besoin, afin de s’assurer qu’il est à portée de main ? Je tiens, pour ma part, ces opérations élémentaires pour essentielles : elles incarnent le projet d’enseigner et construisent le cadre indispensable pour que les élèves se mettent en position d’apprendre. A l’université même, je ne laisse jamais les étudiants pénétrer dans une salle sans avoir minutieusement installé le matériel et les documents que nous utiliserons, sans avoir déposé sur chaque table le plan de la séance. Et j’exige qu’en entrant, on respecte un espace structuré qui, déjà, prépare l’esprit. »

Il en va de même en foad pour organiser la scénarisation des activités pédagogiques et le suivi des apprenants :

  • préparer le ou les espaces de travail virtuel (organisation, saisie des participants, ergonomie, aspects techniques, …)
  • préparer minutieusement les consignes de travail et les mettre à disposition des étudiants en temps et en heure
  • organiser les activités dans le temps
  • mettre à disposition les ressources de façon claire
  • gérer, suivre, modérer les échanges entre apprenants
  • tutorer les apprenants aux niveaux sémiocognitif (a), sensorimoteur (b), praxéologique (c), relationnel (d) et réflexif (e) (2)
  • expliquer quelles seront les types d’évaluations et leur séquencement pendant la durée de la formation

Un dispositif de foad est avant tout pédagogique, bien loin du  technologique. Il est certes plus aisé de donner dans le technologisme que de se pencher sur la difficulté inhérente à imaginer l’acte d’apprendre.

1. Lettre à un jeune professeur – Philippe Meirieu – ESF éditeur – 2005
2. Apprendre en présence et à distance – Une définition des dispositifs hybrides – Revue Distance et Savoirs – Volume 4 – N° 4/2006
Bernadette Charlier (Université de Fribourg) – Nathalie Descrhryver, Daniel Peraya (Université de Genève) – Page 479 « méta » fondamentale pour les processus d’apprentissage

a) Connaissance de l’objet (savoir, action, sujets (soi ou des autres)
b) Comportements gestuels et moteurs induits par l’instrument
c) Conditions de réalisation de l’action
d) Relation entre les sujets
e) Porte sur le sujet lui-même, dimension