Blog, blog, blog, un peu, beaucoup, passionnément, …

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By Cortega9 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

De nombreux stagiaires me posent la question. Jacques, dois-je choisir un réseau social pour publier des articles, le blog (blogue) est-il à mettre au rancart ?

Pour répondre à ce questionnement, je fais référence à ma propre pratique. Blogueur depuis de nombreuses années – www.espace-formation.org -, je poursuis mon activité « d’écrivain » sur ce support dont j’apprécie la souplesse et la richesse d’utilisation. C’est vraiment un lieu d’écriture privilégié. On se sent journaliste à part entière ! D’ailleurs le blogueur est de fait un journaliste à part entière, responsable de ses écrits et des commentaires apportés par les internautes.

C’est vrai que mon écriture a débordé vers les réseaux sociaux, LinkedIn, Facebook et Twitter. Mais la teneur des « posts » n’est pas de même nature. Je dirais que pour le blogue, je suis plus dans une écriture plus aboutie, plus fouillée que dans mes écrits sur les réseaux. Mais cette assertion tend à prendre du plomb dans l’aile néanmoins !

En effet j’utilise la viralité des réseaux (LinkedIn) pour écrire en diffusant immédiatement sur des plateformes comme Facebook et Twitter. Et souvent, je copie colle l’article dans mon blogue…

Donc il y a une sorte de multi production qui s’installe dans ma pratique.

Alors, Jacques, tu abandonnes ton blogue ?

Non, parce qu’il y a d’autres arguments qui militent en sa faveur !

La possibilité d’une écriture à plusieurs, avec des statuts très fins, de l’administrateur à l’abonné sur WordPress par exemple. Le statut d’auteur permet à la personne une autonomie complète de ses billets, publication sur le Toile comprise. Le statut de contributeur permet une autonomie de création de billets, mais la publication finale est faite par l’éditeur (rédacteur en chef). Je pense à la co-écriture avec des stagiaires, des étudiants, des élèves. (Cas d’un travail commun avec des étudiants de différents pays – projet interculturel)

Et puis, le blogue est un outil très performant pour que des stagiaires valident des compétences pour obtenir par exemple le B2i adulte (1), le C2i2e (2). Je pratique cette forme d’évaluation pour cette attestation et cette certification. Le postulant publie des billets sur son blogue qui viennent valider tel ou tel item du référentiel.

Avec des collègues, nous pratiquons ainsi pour la validation du B2i adulte en région Bourgogne Franche-Comté. Je termine actuellement une formation de treize personnes au C2i2e (quasiment entièrement en ligne). Le blogue est notre outil de référence également.

En fait, c’est le projet d’écriture qui va orienter votre choix de supports en ligne. Vous allez ainsi choisir celui qui correspondra le mieux à votre projet personnel et/ou collectif.

Pendant que j’y pense : pensez à bien choisir votre hébergeur de blogue !

Soignez votre autonomie : pas de publicité, possibilité de faire des sauvegardes, pérennité de l’outil et de l’hébergeur…

Et ne soyez pas effarouché par le coût. Mon hébergeur me propose un nom de domaine, un blogue WordPress et une plateforme de formation Moodle pour deux euros par mois.

Jacques Cartier

  • Brevet Informatique Adulte
  • Certificat Informatique et Internet de niveau 2 Enseignant formateur

J’écris un peu, beaucoup, …

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Paternité Certains droits réservés par zigazou76

J’entends souvent dire que, dans le monde d’aujourd’hui, nous n’écrivons plus. Finie la page blanche et la plume Sergent Major pour écrire à sa famille lointaine ou à sa douce laissée au pays…

En fait, j’ai l’impression d’écrire plus qu’avant, y compris au-travers du courriel qui est devenu une tâche quotidienne. Et puis, il y a courriel et courriel. Je cite ci-dessous un extrait d’un ouvrage de Philippe Meirieu :

« Inutile donc de se lamenter sur la prolifération des écrits informatiques. Car il y a, dans ce domaine, « écrit » et « écrit ». Un courriel peut être, effectivement, un signal médiocre sans aucun autre intérêt que de prévenir d’un rendez-vous ou d’une réunion. Il est parfois une réaction spontanée, épidermique, qu’on rédige à la va-vite sans introduction ni formule de politesse, sans souci de correction syntaxique, avant de l’envoyer impulsivement en appuyant sur la touche fatidique « répondre à tous ». Mais un courriel peut être aussi un texte très élaboré qu’on travaille vraiment en le relisant plusieurs fois « dans sa tête », dont on soigne la composition et l’orthographe, qu’on laisse quelques heures, ou quelques jours, dans la boîte « brouillons » avant de l’envoyer. Écrire n’est pas une affaire technique, ce n’est pas assembler des lettres. C’est une disposition d’esprit…

Philippe Meirieu, Pourquoi est-ce (si) difficile d’écrire ?, Bayard, 2007
Lien : https://www.meirieu.com/LIVRESEPUISES/BAYARD-ECRIRE.pdf

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Traitement de texte, ce méconnu !

machine_ecrire Paternité Certains droits réservés par Renaud Camus

Le premier contact de beaucoup de personnes avec l’ordinateur est l’utilisation d’un traitement de texte. Il suffit de taper, comme sur une machine à écrire, et après quelques hésitations, soubresauts, le texte est imprimé. [audio:http://espace-formation.org/wp-content/uploads/2013/07/introduction3.mp3|titles=introduction3]

>>> Commentaire audio

La chose se complique lorsqu’il faut gérer un document long : l’humeur change brusquement, la colère monte lorsque le saut de page ne se fait pas au bon endroit. La machine gère le texte avec une logique très spécifique dans laquelle il faut entrer sous peine de ne jamais automatiser les documents tapés. Un clic souris doit permettre de changer la taille de la police de caractères du texte des 100 pages du rapport d’une taille 14 à une taille 12 par exemple. La numérotation doit se faire automatiquement, ainsi que les tables de matières et d’index… Le plan du document doit apparaître clairement. Pour arriver à ce type de travail, il faut en premier lieu intégrer les notions suivantes que nous verrons dans les grains mis à votre disposition dans un cours Moodle à cette adresse :

>>> http://www.jacques-cartier.fr/plateforme/moodle/course/view.php?id=34

  • la notion de paragraphe
  • la notion de style
  • la notion de document complexe (ou long)

Ce cours, mis à disposition à distance en licence Creative Commons (Paternité, Pas d’utilisation commerciale, Partage à l’identique), se propose de préciser ces notions.

A vos claviers !

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

Reprise

Pot de crayons

Image en Creative Commons Paternité - Par MaxLeMans

L’écriture est un peu volage,

Un jour elle s’émeut,

Le lendemain elle reste dans son coin.

Aujourd’hui, j’ai envie de reprendre le chemin de l’école,

De reprendre ma plume « logitech »,

Pour marquer quelques empreintes sur la toile,

Comme ça, pour le plaisir de l’écrit,

Je redonne vie à ce blogue après un moment d’absence, après d’autres voyages sur la toile.

Jacques Cartier

www.jacques-cartier.fr

Faut-il que le formateur écrive ?

 

former_enseignants_prosLe formateur est confronté au quotidien à la qualité de son action. Mais comment faire pour avoir un retour si le contexte de l’activité est solitaire ? Comme celle de l’enseignant(e) seul(e) dans sa classe qui n’a de miroir de son action que par ses élèves, rarement de ses pairs et de son institution.

Mireille Cifali (1) , professeur ordinaire à la faculté de Psychologie et des Sciences de l’Education de Genève, nous invite à écrire à propos de notre pratique. Simplement, un peu comme un geste quotidien auquel on n’accorde pas beaucoup d’attention habituellement. Mais, en fait, cette écriture peut devenir un moyen privilégié d’une analyse personnelle de nos actions devant un public.

 

« Si on apprend de l’expérience et s’y forme, avec quelle écriture peut-on construit-on des connaissances et les transmettre ? Y a-t-il une écriture spécifique de l’expérience et de la clinique ? Cette interrogation rejoint une autre, au fond fort banale puisqu’elle se résume à ceci : « Comment la pratique quotidienne s’écrit-elle ? » A la poursuite de ces simples questions, j’ai procédé à des recherches historiques – pas totalement abouties – qui me mènent à poser comme hypothèse que le récit serait l’espace théorique de pratiques (Cifali, 1995) (2). Cette  écriture proche de la littérature, que connaissent d’ailleurs l’histoire et l’ethnologie, pourrait être entrevue comme un des modes d’intelligibilité des situations du vivant. » – Page 131

Si le formateur tient à jour un document personnel (un cahier personnel, un journal de bord, un blogue, un portfolio, …) il garde la trace de ses travaux, de ses interrogations. Il peut plus facilement mener une activité réflexive sur sa pratique.

Et puis il a la possibilité, à un moment qu’il juge opportun, de partager tout ou partie de ses écrits avec des collègues. Un dialogue peut alors s’instaurer source d’une riche analyse de pratiques.

Vous pourrez lire, à l’adresse ci-dessous, des extraits de rapports réflexifs que de futurs ingénieurs en foad et des collègues enseignants en poste (master foad de l’Université de Franche-Comté) ont écrits pendant leur formation en 2006. Les uns et les autres ont utilisé un blogue pour consigner leurs écrits :

>>>  http://www.jacquescartier.net/inti2006/synthese/extraitrapportreflexif.htm <<<

Leurs tuteurs, formateurs professionnels, avaient également été invités à prendre la plume.

Bien sûr on pourrait objecter que ce type d’écriture n’a pas grand chose de scientifique. L’auteur ne partage pas cet avis :

« Notre mentalité scientifique est néanmoins choquée par l’affirmation que le récit serait l’un des espaces de théorisation des pratiques : où sont la théorie et les lois de fonctionnement; qu’apprend-on; de quelles connaissances peut-on se targuer ? Le récit appartenant à la fiction, relevant davantage de la littérature, donc du poétique et de l’imagination, serait à l’opposé de la science, loin du réel et de l’objectivité, donc du sérieux d’une recherche. Pour affirmer que le récit n’a rien à rougir sur le registre de la connaissance; que son écriture ne rejette pas la discipline qui y recourt dans l’approximation d’un art, bien des deuils doivent être réalisés et une certaine conception de ce qui est scientifique retouchée. Les historiens nous y aident. J’écrirai ailleurs pour montrer que toute réalité est reconstruction, qu’il y a non seulement compréhension mais aussi explication dans la mise en récit, et que la singularité de la situation racontée peut toucher au général où beaucoup se retrouvent. C’est à ce prix que le récit figure parmi les outils d’intelligibilité. » – Page 132

(1) « Former des enseignants professionnels » – Quelles stratégies, quelles compétences ?
Chapitre 6 : « Démarche clinique, formation et écriture » – Mireille Cifali – http://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/cifali/
Léopold Paquay, Marguerite Altet, Evelyne Charlier, Philippe Perrenoud – De Boeck – 2001

(2) Cifali, M. (1995). J’écris le quotidien. Les cahiers pédagogiques, 331, 56-58.