J’écris un peu, beaucoup, …

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J’entends souvent dire que, dans le monde d’aujourd’hui, nous n’écrivons plus. Finie la page blanche et la plume Sergent Major pour écrire à sa famille lointaine ou à sa douce laissée au pays…

En fait, j’ai l’impression d’écrire plus qu’avant, y compris au-travers du courriel qui est devenu une tâche quotidienne. Et puis, il y a courriel et courriel. Je cite ci-dessous un extrait d’un ouvrage de Philippe Meirieu :

« Inutile donc de se lamenter sur la prolifération des écrits informatiques. Car il y a, dans ce domaine, « écrit » et « écrit ». Un courriel peut être, effectivement, un signal médiocre sans aucun autre intérêt que de prévenir d’un rendez-vous ou d’une réunion. Il est parfois une réaction spontanée, épidermique, qu’on rédige à la va-vite sans introduction ni formule de politesse, sans souci de correction syntaxique, avant de l’envoyer impulsivement en appuyant sur la touche fatidique « répondre à tous ». Mais un courriel peut être aussi un texte très élaboré qu’on travaille vraiment en le relisant plusieurs fois « dans sa tête », dont on soigne la composition et l’orthographe, qu’on laisse quelques heures, ou quelques jours, dans la boîte « brouillons » avant de l’envoyer. Écrire n’est pas une affaire technique, ce n’est pas assembler des lettres. C’est une disposition d’esprit…

Philippe Meirieu, Pourquoi est-ce (si) difficile d’écrire ?, Bayard, 2007
Lien : https://www.meirieu.com/LIVRESEPUISES/BAYARD-ECRIRE.pdf

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 26)

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Le formateur est appelé à opérer dans un contexte de modalité hybride, distance / présence. Il se trouve ainsi affublé d’une identité numérique (d’identités numériques ?) du fait qu’il doit communiquer avec ses apprenants en utilisant de nombreux outils.

Si on prend le courriel par exemple. C’est un outil du quotidien qui est entré dans la vie de tout le monde. Le formateur doit-il utiliser une adresse spécifique fournie par son organisme de formation, une adresse créée par lui-même dédiée à la formation, son adresse personnelle ? Il a un choix à faire qui définit déjà sa capacité à gérer ses identités numériques.

L’adresse privée n’est pas à conseiller, car les messages liés à la formation vont envahir la sphère personnelle. Le choix d’avoir une adresse institutionnelle (fournie par l’organisme de tutelle) semble la meilleure solution. Attention, néanmoins, à l’utiliser dans le respect de la charte d’utilisation. Les messages personnels sont à éviter même si leur utilisation est autorisée sous réserve d’écrire « Message personnel » dans l’objet du message. Il vaut mieux préférer son webmail à soi pour inviter des copains à une virée moto samedi prochain ! Notre formateur doit ainsi gérer des adresses de courriel différentes ayant chacune un objectif particulier dans un contexte spécifique.

Si le formateur souhaite utiliser un blogue avec ses apprenants, quel prestataire choisir, quels rôles donner aux apprenants sur le blogue ? Ils peuvent être contributeurs par exemple (terme propre au logiciel WordPress). Cela signifie qu’ils écrivent des articles qui sont validés in fine par le formateur pour apparaitre en ligne pour tous les internautes. Le formateur vérifie la teneur des propos et l’usage légal des ressources proposées (textes, images, sons, vidéos, …). Responsable de la création du blogue, il est un journaliste à part entière responsable des contenus et des commentaires.

Le réseau social est un vecteur de communication privilégié. Le formateur doit-il être présent sur Facebook par exemple ? Là encore, avec quelle « casquette », privée ou professionnelle ? Les apprenants doivent-ils visualiser les écrits, les photos, lire les contributions des amis du formateur, … ?

Utilise-t-il un compte Facebook dédié à la formation sur lequel il invite ses apprenants à venir réaliser des activités liées à la formation ? Comment gérer ce compte, le sécuriser pour en limiter l’accès à la communauté d’apprentissage concernée ?

Sur une plateforme de formation, l’environnement est plus bordé. Les personnes ne peuvent entrer dans l’espace que par un identifiant et un mot de passe. Il n’empêche que notre formateur y joue un rôle de communicant. Ses propos se doivent d’être mesurés dans les forums par exemple. Si un message s’adresse à une personne particulière, il privilégiera le courriel. Et puis, il a un rôle de modération des messages des apprenants…

On voit, à travers ces quelques exemples, que le formateur gère plusieurs identités numériques, mais aussi, en quelque sorte, celles de ses apprenants, surtout si ceux-ci n’ont pas encore une idée bien stable de cette problématique.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

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Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 2)

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J’ai commencé ma formation il y a quelques jours. J’utilise le courriel pour correspondre avec les apprenants. Ça n’a pas été simple au début car certaines personnes avaient des adresses de courriel un peu ésotériques, du genre « la petitefrimousse@gmail.com ». J’ai demandé à ce que chacun dispose d’une adresse parlante contenant son prénom et son nom pour que je m’y retrouve dans le suivi.

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À ce propos, lorsque les messages s’entassent, ça devient un peu compliqué à gérer. J’ai fait un dossier par apprenant dans mon logiciel de messagerie…

Et puis, j’ai eu des surprises avec les fichiers joints car certains ne pouvaient pas les ouvrir, notamment en fonction de la version de mon traitement de texte. J’envoie ainsi les documents sous quatre formats : .docx, .doc, .odt, .pdf. Si l’apprenant dispose de Word ou de Writer (LibreOffice), il pourra ouvrir le fichier.

Quid du moment où les stagiaires vont m’envoyer des documents ? Il va falloir que je leur fasse un petit tutoriel…

Quelle gymnastique pour moi qui ne suit pas un cador en informatique !

Je commence à rédiger des consignes que j’envoie par courriel. Je me rends compte qu’il faut que je fasse très attention à la façon dont je les écris sinon elles sont interprétées parfois de façon erronée. J’ai un peu bossé à partir d’articles qui traitent de pédagogie : objectifs bien précis, verbes à l’infinitif, type d’activité à réaliser, ressources mises à disposition, … Être prof, ça a l’air plus compliqué que je le pensais. Je repensé à ceux qui m’ont marqué dans ma scolarité et je m’aperçois qu’il devaient sacrément préparer leurs cours… On ne voit pas cela en classe, on pense que le prof fait tout au feeling !

Je tombe sur une petite difficulté : certains ne répondent pas à mes messages, rendent le travail à réaliser tardivement ou ne le rendent pas. Je ne sais pas trop si je dois les relancer car j’ai un peu l’impression de m’incruster dans leur vie personnelle. D’un autre côté, il faut bien que le travail se fasse…

Il faudrait peut-être que je fasse un plan de travail avec un calendrier des activités, des dates butoir pour le rendu des travaux. Ça aiderait peut-être les personnes à s’organiser pour mieux gérer leurs vies professionnelle et privée et la formation qui s’ajoute à tout cela.

J’ai dix personnes à former pour le moment. Je m’en sors à peu près. Mais si j’en avais vingt ou plus.

Ah ben tiens ! Je viens de recevoir un mél. Jean ne pourra pas rendre le travail à temps et il se questionne sur ses capacités à poursuivre la formation…

Jack, formateur occasionnel.

A suivre …

© 2015 J. CARTIER

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