Tensions, tensions, tensions, …

Lors de formations que j’anime ces temps-ci pour des organismes de formation, je perçois une tension très nette quant à l’utilisation des outils numériques que mes stagiaires utilisent dans leur travail quotidien.

Ils sont tiraillés entre l’utilisation des outils maison (de l’institution, de l’organisme) et les outils présents sur la Toile. Ceux qui sont mis à disposition ne sont pas toujours très conviviaux, ils ont un côté un peu « ancien » dans leur ergonomie. Ils n’autorisent pas ce qui touche à la communication synchrone, ils ne sont pas très axés « travail collaboratif », …

De ce fait, les personnes ont tendance à aller voir ce que propose le Web 2.0. Elles lorgnent du côté des outils du nuage et finissent pas utiliser des applications mises à disposition gratuitement sur cet espace « sans fin ».

Beaucoup de personnes m’ont dit utiliser « Dropbox » (disque dur en ligne), d’autres les outils Google+ dont l’outil « Drive » équivalent de « Dropbox ». Elles mènent des projets avec des collègues en utilisant des moyens de partage comme l’écriture commune d’un document de traitement de texte avec « Docs » de Google+.

Devant ces usages qui se développent, j’ai créé un travail dirigé que vous trouverez à cette adresse ou en cliquant sur l’image ci-dessous :

http://jacques-cartier.fr/google_plus/consignes_google_plus_version_janvier_2015.pdf.

consignes_google_plus_version_janvier_20151Cliquer sur l’image pour télécharger le document

J’ai créé quinze comptes spécifiques à ce travail qui me permettent de faire travailler les stagiaires dans le contexte d’une communauté Google+.
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Cliquer sur l’image

Des documents sont déjà présents pour ce groupe collaboratif comme des consignes de travail, un document partagé dans lequel chacun se présente, une carte mentale partagée, …

Il y a de quoi être un peu bluffé par la qualité de ces outils qui autorisent à la fois un travail de production aisé et partagé et des outils de communication synchrone (webcam et micro) très performants…

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …
Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/
© 2015 J. CARTIER

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 30)

communaute

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La page 29 est consacrée à des morceaux choisis rédigés par une apprenante concernant le travail collaboratif. Cette nouvelle page me permet de faire quelques commentaires et de vous inviter à lire un article plus élaboré écrit par Thierry Chanier et moi-même sur les objectifs de cette formation intitulée « INTI ».

Nous avons mis en place cette formation en veillant à créer des groupes à publics mélangés : des étudiants du master foad et des enseignants de l’organisme de formation de l’académie où je travaillais. C’était un peu risqué, car des communautés d’origines différentes peuvent ne pas trouver de terrain d’entente suffisant pour mener à bien une tâche commune. Nous comptions sur la présence du tuteur pour créer une dynamique de fusion.

Comme cette formation se déroulait entièrement à distance, le synchrone a été beaucoup utilisé pour que chaque groupe apprenne à se connaître, se fédère, organise son projet et le publie. Cela sous l’animation au plus près d’un tuteur dédié. À cette époque (2005/2006), la technologie synchrone n’était pas exempte de soucis techniques. Néanmoins, les groupes ont réussi à trouver les solutions pour pallier ces problèmes.

Il est intéressant de noter que les participants sont passés par différents types de tâches : individuelles, coopératives et collaboratives. Les enseignants présents ont indiqué que, dans leur pratique au quotidien, le travail est surtout individuel. Ils ont apprécié le travail en collaboration qui leur ouvrait des perspectives dans leur établissement d’origine, avec leurs collègues mais aussi leurs élèves.

Le rôle du tuteur est mis en avant à maintes reprises par tous les groupes concernés par la formation. Sa présence semble essentielle à la bonne entente dans le groupe, à la gestion du projet. Il est gardien du temps, du respect des objectifs, de la qualité des échanges.

Le fait que chaque groupe présente un projet finalisé en fin de formation contribue fortement à la vie de cette petite communauté d’apprentissage. L’apprenante évoque une « œuvre commune » réalisée par son groupe. Elle en est même très fière. Elle emploie cette expression : « Le résultat était beau à voir ».

Ce que nous avons appelé « Retour réflexif » semble avoir séduit cette personne. Elle termine la formation en ayant « réfléchi sur », ce qui lui donne des idées nouvelles pour assumer ses responsabilités professionnelles. Elle anime un collectif de formateurs avec lequel elle va introduire l’utilisation de travail collaboratif.

Pour Thierry Chanier et moi, cette formation a été l’occasion de publier un article dans le Revue Internationale en Pédagogie Universitaire en 2006. En lisant ce document, vous pourrez mieux percevoir les intentions qui ont été les nôtres en mettant sur pied cette formation.

« Saisissant l’occasion offerte par de récentes politiques éducatives qui orientent la formation des enseignants vers le travail collectif en réseaux, nous abordons ici la délicate question de l’association entre pratique réflexive et participation à des communautés de pratique en ligne. Motivés par le développement professionnel de l’enseignant, nous montrons l’intérêt de concevoir des formations qui ont pour enjeux d’être un terreau favorisant l’émergence de communautés de pratique en ligne et d’ouvrir les praticiens à de nouvelles postures pédagogiques. »

Adresse de l’article pour le télécharger : http://www.ritpu.org/IMG/pdf/cartier.pdf

Adresse de la Revue Internationale en Pédagogie Universitaire : http://www.ritpu.org/

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 24)

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La formation Inti (2005) est l’occasion de faire travailler des étudiants du master IPDOD (Ingénierie Pédagogique dans des Dispositifs Ouverts et à Distance) de l’Université de Franche-Comté avec des enseignants du Rectorat de l’académie de Besançon.

L’expérience Inti vise à mettre les étudiants dans une situation d’« Apprendre en collaborant à distance avec d’autres futurs enseignants/formateurs ».

« Étymologiquement, collaborer (co-labore) signifie travailler ensemble, ce qui implique une notion de buts partagés et une intention explicite d’ajouter de la valeur, de créer quelque chose de nouveau ou de différent par la collaboration, par opposition à l’échange simple d’information ou à la transmission d’instructions » (Kaye, 1992).

Cela suppose deux dimensions importantes : le produit de la collaboration et le processus de collaboration. Pour tirer parti de l’apprentissage réalisé, les étudiants sont amenés à réaliser un retour réflexif sur l’ensemble de leur expérience d’apprentissage.

Cette formation se réalise entièrement à distance. Chaque groupe est composé de 4 à 5 personnes, provenant des 2 institutions, encadrées par un(e) tuteur(trice). Les groupes sont composés sur la base des intérêts pour les thèmes de travail et sur des disponibilités exprimées par les étudiants/stagiaires et les tuteurs.

Chaque étudiant, dans son carnet de bord, indique après chaque session les horaires, le temps passé, ses réflexions sur l’activité menée en groupe. Il tient le comptage du temps passé sur son travail individuel ou collectif dans la formation Inti (y compris, lectures, recherches individuelles, temps de connexion, etc.) et totalise ce temps passé en fin de carnet de bord.

Vous avez toutes les informations utiles dans le document fourni aux participants lors du démarrage de la formation :

Lien : http://www.jacques-cartier.fr/roman/docs/guide_inti.pdf

À la lecture de ce document, il est aisé de se rendre compte qu’un dispositif de ce type nécessite une préparation en amont très rigoureuse. Comme tout se fait à distance, il est nécessaire de tout paramétrer à l’avance pour que chaque participant puisse organiser son travail personnel et son action collaborative tout en poursuivant, qui ses études, qui son travail d’enseignant au quotidien.

Vous remarquez que le synchrone est largement utilisé au-travers de la plateforme Centra. Une petite dizaine de réunions sont prévues. Les apprenants ont la possibilité de créer leurs propres classes virtuelles s’ils en éprouvent le besoin pour gérer leurs projets respectifs.

La plateforme asynchrone est WebCT (utilisée à l’époque par l’université).

Dans une page précédente, j’évoquais les questionnements de la plus-value ou non du numérique dans les apprentissages. Voilà un dispositif qui, me semble-t-il, fait largement appel au numérique et au-travers duquel les apprenants inscrits (et les tuteurs) ont réalisé de multiples apprentissages dans une modalité entièrement distancielle.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Travail coopératif et travail collaboratif

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Dans de nombreux ouvrages et articles il est fait référence au travail collaboratif.

Est-ce une théorie d’apprentissage, une méthode pédagogique infaillible ? Est-il possible pour le formateur de se « lancer » dans le travail collaboratif tête baissée ? Quelles compétences particulières doit-il posséder ?

Doit-il procéder par étapes en introduisant du travail coopératif puis du travail collaboratif ?

France Henri et Karin Lundgren-Carol apportent des réponses pertinentes à ces questions dans leur ouvrage « Apprentissage collaboratif à distance » édité aux Presses de l’Université du Québec.

Voir notre billet du 27 mai dernier :

http://www.jacques-cartier.fr/blogue/ouvrage-conseille-2ouvrage-conseille-2/ .

Dans le tableau des pages 39, 40, 41, les auteures font la comparaison des démarches coopérative et collaborative.

Ce tableau est précieux pour le formateur appelé à utiliser une démarche de ce type. Il choisira ainsi entre travail coopératif et collaboratif en fonction des apprenants dont il a la charge, de leur degré d’autonomie dans l’apprentissage. Il pourra commencer par une démarche coopérative et introduire pas à pas des activités qui feront appel à une démarche coopérative.

>>> Cliquer pour afficher le tableau <<<

Travailler à distance, travailler ensemble de collège à collège avec l’aide d’un formateur.

 

 

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Voici quelques éléments descriptifs d’un travail conduit dans le cadre de la formation continue de l’académie de Besançon au cours de l’année 2003/2004.

Je n’ai pas reconduit ce type de travail par la suite, attendant que les enseignants engagés dans des formations pédagogiques acquièrent plus d’aisance dans l’utilisation des outils de travail numériques.

J’ai utilisé un site commun à trois établissements scolaires distants engagés dans des formations sur une année : http://els6.ac-toulouse.fr/aider-eleve

Dans chaque site, j’ai animé trois séances de travail en présentiel et proposé un d’accompagnement à distance grâce au site de formation

La proposition d’accompagnement a été faite collectivement puis relayée par un mèl individuel.

Dans chaque collège, chaque projet était différent :

– améliorer le conseil de classe

– aider les élèves individuellement,

A l’origine j’ai imaginé de proposer un accompagnement à distance car j’avais identifié les besoins suivants :

– pour les participants : un intérêt pour les projets des autres équipes et un besoin de pouvoir faire appel au formateur entre deux séances en présentiel.

– pour le formateur : la possibilité donnée de proposer des ressources à consulter en intersession et de répondre à des questions.

Les aspects positifs en fin de parcours de formation :


– pour les participants assez à l’aise avec l’utilisation des outils numériques utilisés, un intérêt pour l’utilisation du site de formation pour questionner le formateur, déposer un document et consulter les ressources proposées par le formateur.
– pour le formateur : une motivation accrue par les sollicitations des participants en intersession, signe d’intérêt pour la formation proposée.

Les difficultés rencontrées au cours de cette formation mixte en présentiel et à distance :

– pour les participants peu à l’aise avec l’outil informatique… un sentiment de culpabilité et de frustration lié à la difficulté à utiliser les supports numériques

– pour le formateur : le sentiment de risquer de marginaliser de ce fait là certains participants.

En conclusion j’ai envie de dire que l’accompagnement des projets d’équipes d’établissement à distance est potentiellement d’une grande richesse, les échanges inter-établissements deviennent plus faciles et permettent de valoriser le travail fait sur chaque site en le rendant accessible à d’autres.

Il reste à réduire la fracture numérique au sein du monde enseignant pour que ces pratiques puissent devenir accessibles à chacun.

Une formatrice

Ouvrage conseillé (2)

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Nous vous conseillons la lecture de l’ouvrage de France Henri et Karin Lundgren-Cayrol « Apprentissage collaboratif à distance » – Presse de l’Université du Québec

« Dans un idéal de démocratisation de l’éducation, la formation à distance se conçoit comme un moyen d’élargir l’accès aux connaissances en surmontant les contraintes spatio-temporelles par un usage adapté des médias et des technologies. Mais les critiques sont souvent assez sévères envers ce procédé qui s’appuie sur une économie de masse pour rejoindre un large public. On lui reproche d’être impersonnel et de se limiter à des situations d’apprentissage individuel, sans réel dialogue entre formateurs et apprenants. Convaincues que la présence est un facteur important en apprentissage, les auteures montrent comment elle peut exister même dans la distance : présence du formateur à l’apprenant, présence des apprenants les uns aux autres.

L’ouvrage propose une définition de l’apprentissage collaboratif et un modèle de développement de la collaboration dans les environnements virtuels. » – 4ème de couverture