Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 34)

bigbluebutton

Lorsque que l’on travaille sur une plateforme de formation, il est bien utile de pouvoir se connecter directement en classe virtuelle avec ses apprenants. La classe virtuelle Big Blue Button est une activité sur Moodle. Il suffit de la créer pour qu’elle soit immédiatement opérationnelle. Il n’y a pas à quitter la plateforme pour se connecter à une nouvelle adresse, avec un nouvel identifiant et un nouveau mot de passe.

Cette commodité rend les choses plus faciles au formateur débutant. Il est plus à l’aise pour se lancer dans l’utilisation de l’asynchrone. Les manipulations sont plus aisées, les paramétrages techniques de démarrage simplifiés.

J’anime pour le moment une formation pour des formateurs qui conseillent des personnes qui souhaitent valider un diplôme en validation d’acquis d’expérience. (VAE)

À juste titre, ces collègues sont un peu inquiets d’avoir à gérer maintenant une partie de leurs entretiens en classe virtuelle. Toutes les personnes avec qui je travaille et qui interviennent dans le domaine du relationnel ont la même préoccupation. Mais le numérique ne va-t-il pas tuer la relation, la rendre lointaine et technicisée ?

Le fait de pouvoir entrer en relation avec l’apprenant directement depuis la plateforme semble faire tomber les réticences. La relation s’établit très vite, le micro et la webcam fonctionnent bien et rendent l’entretien « quasiment présentiel ».

Pour aider les collègues à créer et préparer une classe virtuelle, j’ai publié cette vidéo avec un logiciel qui capture mon écran et enregistre mes commentaires. J’ai déposé ensuite le fichier sur ma chaîne Youtube.

· Voici le lien utile : https://youtu.be/ewUYc0M2BJ4

À nouveau, je me dis que l’utilisation de la vidéo simplifie mon travail. Imaginez la préparation de ce tutoriel ave votre traitement de texte favori :

· faire toutes les copies d’écran utiles ;

· les incorporer dans le document ;

· taper tous les commentaires ad hoc, …

Et puis, quid de l’interactivité de ce travail textuel, long et fastidieux à réaliser ?

Avec un peu d’habitude, je m’installe au clavier, lance mon logiciel et fais les manipulations en direct. Si ma langue fourche un peu, je ne retouche pas l’enregistrement, car je trouve que cela donne un côté nature et direct au document.

Je vous indique un second lien qui donne accès à l’ensemble des vidéos crées :

· Lien vers mes vidéos : www.espace-formation.info

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Hiatus ?

salle_classe

Les environnements de formation institutionnels ne sont-ils pas guettés par un risque de décalage entre les habitudes des étudiants à utiliser des technologies web 2.0 et les plate-formes d’enseignement qui peuvent rester académiques, centrés sur la transmission d’informations  ?

« Un fossé de plus en plus grand est constaté entre les pratiques des étudiants et celles de l’académie : plagiat ; développement des réseaux sociaux personnels ou professionnels; fossé entre les usages des plates-formes offertes par les institutions centrées sur la transmission d’informations et l’explosion des usages du Web social en dehors des institutions. » (1) – Page 155

Mais le recul manque, les recherches dans le domaine aussi. Cette semaine, par exemple, j’ai travaillé avec environ cent cinquante étudiants (par groupes de vingt) sur l’utilisation de Google docs. Très peu d’étudiants, d’après leurs dires, semblaient connaître ces outils collaboratifs en ligne. Ils étaient très étonnés du partage en synchrone d’un même document. La démonstration de classe virtuelle les a laissés un peu sans voix.

Alors ces jeunes, « digital natives », nés dans l’Internet, sont-ils si habiles dans la navigation sur les réseaux, quelles sont leurs réelles compétences manipulatoires et quelles sont leurs représentations de la Toile et de ses possibilités ?

J’ai encore des groupes la semaine prochaine sur la thématique déjà évoquée. J’aurai peut-être plus de retours, plus d’eau à mon moulin pour tenter de mieux cerner tout cela.

Dans quelques temps, je ferai une expérience de classe virtuelle avec des étudiants présents dans l’amphithéâtre et d’autres, volontaires, qui resteront chez eux ou dans un cybercafé…

Je me demande quelles seront leurs réactions…

(1) Charlier, B, Henri, F, Sous la direction de (2010), “Apprendre avec les technologies”, Paris, Presses Universitaires de France.