Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 32)

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Image en domaine Public sur Pixabay

Dans certains lieux, je sens un hiatus entre l’organisme de formation et son pôle de formateurs. C’est l’introduction du numérique qui, je crois, fait surgir une tension profonde. (voir page 31)

Souvent les formateurs (particulièrement les occasionnels) sont sur le terrain au quotidien, loin de leur base organisationnelle. Ils travaillent ainsi en solo, faisant au mieux. Ce mode de travail peut se transformer en grande solitude, car il n’existe pas vraiment de formation continue du formateur organisée par l’organisme de tutelle.

L’introduction inévitable du numérique dans la pratique pousse les organismes à reprendre contact avec leurs formateurs pour les inviter à modifier leur habitus. Mais la distance qui s’est installée, parfois depuis des années, n’est pas aisée à combler.

Il faudrait, en un ou plusieurs jours de regroupement, que tout soit solutionné :

· utiliser le numérique en formation ;

· travailler en modalité hybride (présence / distance) ;

· concevoir, scénariser des parcours de formation et les déposer sur une plateforme ;

· communiquer de plus en plus en modalité synchrone (classe virtuelle) ;

· être bien au fait de la problématique du droit d’auteur pour utiliser des ressources en toute légalité ;

·

Le chemin à parcourir est long, c’est une nouvelle professionnalité qui se fait jour. L’organisme de formation doit ainsi échafauder un plan de formation de ses formateurs qui ne peut pas se résumer à un regroupement d’une journée.

Certains proposent une formation au C2i2e (Certificat Informatique et Internet niveau 2 enseignant / formateur). Cela me semble une bonne stratégie : le formateur se forme selon un référentiel national structuré, très axé sur l’utilisation pédagogique du numérique. Il obtient une certification nationale de niveau master 2 qui renforce sa professionnalité.

Ci-dessous un extrait du référentiel (domaine B2) :

B2 Conception et préparation de contenus d’enseignement et de situations d’apprentissage

– B21. Identifier les situations d’apprentissage propices à l’utilisation des TICE.

– B22. Concevoir des situations d’apprentissage et d’évaluation mettant en œuvre des logiciels généraux ou spécifiques à la discipline, au domaine et niveau d’enseignement.

– B23. Concevoir des situations d’apprentissage et d’évaluation mettant en œuvre des démarches de recherche d’information.

– B24. Préparer des ressources adaptées à la diversité des publics et des situations pédagogiques :

> en opérant des choix entre les supports et médias utilisables

> en respectant les règles de la communication.

– B25. Concevoir des situations ou dispositifs de formation introduisant de la mise à distance.

Cette formation s’étale sur plusieurs mois. Elle nécessite un investissement important du formateur postulant. Il doit produire des situations d’apprentissage utilisant le numérique, les déposer sur une plateforme de validation d’une Université reconnue comme Centre de Certification. (Exemple : Centre de certification de l’Université de Franche-Comté)

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 21)

En 2010/2011, mes étudiants ne disposaient plus de formation particulière dans un Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM). Ils n’avaient plus guère de formation à la pédagogie et se trouvaient très démunis. Ils préparaient avec moi le C2i2e (Certificat Informatique et Internet de l’enseignement supérieur niveau 2 enseignant).

Mais comment utiliser le numérique en classe si l’on n’a pas ou peu de formation à la pédagogie ? J’étais confronté à la difficulté de préparer ces jeunes au C2i2e et de leur apporter un bagage « minimum » en pédagogie sur une soixante d’heures de cours en deux ans…

J’ai ainsi pas à pas constitué avec eux une carte conceptuelle (document de travail et de réflexion) pour les aider à préparer une séance pédagogique incluant le numérique :

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Cliquer sur l’image pour ouvrir la carte

En fait, on s’aperçoit qu’il y a des constantes dans la préparation d’une séance en classe, que l’on utilise le numérique ou non. Mes étudiants n’avaient pas le réflexe d’en écrire les objectifs, de se poser la question des prérequis, de repérer les principaux savoirs, savoir-faire ou attitudes à faire acquérir à chaque étape.

Ils étaient assez démunis quant à l’organisation matérielle de la salle informatique, ils ne pensaient pas à l’utilisation de casques audio par exemple.

Et puis, ils n’avaient aucun recul par rapport au droit d’auteur. Ils utilisaient des ressources de l’Internet sans se soucier le moins du monde de leur licence d’utilisation. Nous avons fait un gros travail sur ce sujet en découvrant les licences Creative Commons.

Je me suis aperçu (une fois de plus), au-travers de cette expérience, que le métier d’enseignant doit s’apprendre. Certes, certains jeunes ont la fibre, l’intuition. Ils inventent vite et efficacement les activités que leurs élèves auront à réaliser. Mais cette immanence est fugitive et peu reproductible.

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

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© 2015 J. CARTIER

C2i2e or not C2i2e

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Le Certificat Informatique et Internet de l’enseignement supérieur niveau 2 Enseignant  (C2i2e) n’en finit pas de faire des siennes !

L’an passé, il était obligatoire de l’obtenir en fin des études de master 2 sous peine de na pas pouvoir être titularisé ensuite. Mais déjà des dispenses sont apparues pour telle ou telle discipline scientifique par exemple. Puis l’inspection générale de sciences physiques a réussi à dispenser « ses ouailles » de ce certificat…

En juin 2012, l’obtention a été repoussée à la fin de l’année de stagiarisation des jeunes professeurs. Aujourd’hui, on parle de repousser la date fatidique à 3 ans après la titularisation…

Ce n’est pas, je crois, rendre service aux jeunes enseignants que de « faire du yoyo » avec ce certificat. En effet, l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour l’enseignement (Tice) concerne tous les enseignants. Elles ont envahi la sphère de l’école de la maternelle à l’université.

Réfléchir à leur utilisation en classe est une nécessité. Seule une formation sérieuse et une validation par un certificat officiel peut garantir que les jeunes générations d’enseignants seront à même de les utiliser à bon escient avec les apprenants.

On peut espérer que les nouvelles Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation (ESPE) s’empareront de la problématique du C2i2e de façon positive, peut-être en incluant ce certificat dans le curriculum de formation…

Mais quelles seront leurs audaces pour donner un nouveau visage à la formation professionnelle des enseignants ?

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

Professionnalisation et C2i2e

Former des enseignants professionnels
Former des enseignants professionnels
Dans l’ouvrage collectif « Former des enseignants professionnels » (De Boeck, 2001), Marguerite Altet apporte sa contribution intitulée « Les compétences de l’enseignant-professionnel : entre savoirs, schèmes d’action et adaptation, le savoir analyser » . Le paragraphe ci-dessous se trouve à la page 30 :
« La professionnalisation se constitue ainsi par un processus de rationalisation des savoirs mis en œuvre, mais aussi par des pratiques efficaces en situation. Le professionnel sait mettre ses compétences en action dans toute situation ; c’est « l’homme de la situation », capable de « réfléchir » en action » et de s’adapter, de dominer toute situation nouvelle. On admire le professionnel pour sa capacité d’adaptation, son efficacité, son expertise, sa capacité de réponse et d’ajustement à la demande, au contexte, à des problèmes complexes et variés et pour sa « capacité à rendre compte de ses savoirs, de ses savoir-faire, de ses actes » (Charlot et Bautier, 1991)1, à les justifier ; mais on lui demande aussi « de savoir » jouer avec les règles et d’avoir un rapport aux savoirs théoriques qui ne soit pas révérencieux et dépendant mais au contraire critique, pragmatique, voire opportuniste » (Perrenoud, 1993b)2, bref, d’être autonome et responsable. »

Lorsqu’un enseignant emmène sa classe dans une salle multimédia équipée de 25 ordinateurs, il emporte avec lui tout un lot de compétences qui vont l’aider à gérer sa séquence avec succès. Parmi elles, les compétences liées au Certificat Informatique et Internet de l’enseignement supérieur niveau 2 enseignant (C2i2e) sont essentielles : l’environnement numérique propre à l’établissement est connu et maîtrisé, les ressources mises à disposition des élèves sont utilisées dans le respect du droit, l’activité élève a été préparée avec minutie, un plan B est prévu en cas de panne, …
On peut imaginer également que la séquence a été préparée avec d’autres collègues de façon collaborative, qu’elle est testée et évaluée par le groupe, que l’évaluation des élèves fait l’objet d’un travail de réflexion collectif et s’inscrit par exemple dans le contexte du Brevet Informatique et Internet (B2i) si l’action se déroule dans un collège.

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.fr

1. Charlot, B. & Bautier, E. (1991). Les professionnels et la professionnalisation en banlieue, Rapport de recherche ESCOL. Université Paris VIII.
2. Perrenoud, P. (1993). Formation initiale des maîtres et professionnalisation du métier. Revue des Sciences de l’Éducation, XIX, 1, 59-76

L’enseignant et le formateur certifiés C2i2e

Logo du C2i2e
Logo du C2i2e
Les technologies de l’information et de la communication impactent depuis des années le métier d’enseignant et de formateur. Un pas de plus vient d’être franchi avec l’obligation faite aux futurs enseignants d’obtenir le Certificat Informatique et Internet de l’enseignement supérieur de niveau 2 enseignant. L’arrêté du 14 décembre 2010 paru au Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale numéro 5 du 3 février 2011 indique les modalités d’obtention de ce certificat.
>>> Lien : http://www.c2i.education.fr/IMG/pdf/BO_5_03022011_Arrete14122010_Organisation.pdf
« Article 1
Dans le cadre de la politique nationale de développement des technologies de l’information et de la communication, il est créé un certificat informatique et internet de l’enseignement supérieur de niveau 2 enseignant (C2i2e). Le C2i2e atteste des compétences professionnelles dans l’usage pédagogique des technologies numériques, communes et nécessaires à tous les enseignants et formateurs pour l’exercice de leur métier. Dans les conditions définies par le présent arrêté, l’acquisition du C2i2e poursuit l’objectif d’offrir à chaque étudiant se destinant aux métiers de l’enseignement scolaire, de l’enseignement supérieur et de la formation, la reconnaissance des compétences nécessaires en vue de son insertion professionnelle. »

Dans le référentiel du certificat le mot distance, l’expression formation à distance apparaissent à plusieurs reprises.
Domaine A.2 – Développement des compétences pour la formation tout au long de la vie, item 1 :
Utiliser des ressources en ligne ou des dispositifs de formation à distance pour sa formation.

Le dispositif de formation à distance fait partie intégrante de la formation de la personne. Il n’est plus un ajout au présentiel, un plus ou une béquille.
Domaine B.2 – Conception et préparation de contenus d’enseignement et de situations d’apprentissage, item 5 : Concevoir des situations ou dispositifs de formation introduisant de la mise à distance.

On demande à l’enseignant et au formateur d’aller plus loin dans l’utilisation du distant. Il doit concevoir des contenus adaptés au distant et créer des situations d’apprentissage pour le distant.

Domaine B.3 – Mise en œuvre pédagogique, item 4 :
Utiliser les Tice pour accompagner, tutorer des élèves, des étudiants, des stagiaires dans la réalisation de leurs travaux, leurs projets, leurs recherches.

Une compétence supplémentaire est attendue en ce qui concerne l’accompagnement. L’enseignant et le formateur accompagnent les personnes qui suivent leur formation. On demande à la personne d’ajouter le tutorat à son panel de compétences.

Les universités qui le souhaitent peuvent déposer un dossier auprès de la Mission Numérique pour l’Enseignement Supérieur pour devenir centre de validation au C2i2e. Elles inscrivent dans leurs maquettes de master 1 et 2 liées aux métiers de l’enseignement et de la formation des heures dédiées à une formation au C2i2e.

L’obtention du certificat peut se réaliser ainsi en deux ans pour les étudiants de master sous la forme de validation de compétences.
En 2008 l’obtention du Brevet Informatique et Internet est devenue obligatoire pour le Diplôme National du Brevet des collèges. Dès 2012, tout étudiant qui obtiendra son CAPES devra posséder le C2i2e pour pouvoir enseigner.

L’utilisation pédagogique des technologies de l’information et de la communication est devenue une compétence incontournable, à tel point qu’elle autorise ou non l’exercice d’une profession.
Certes, on pourrait être chagrin qu’une telle certification soit exigée dès l’année prochaine et qu’elle impacte si fortement l’accès au métier d’enseignant ou de formateur.

Mais peut-on imaginer qu’une jeune enseignante ou un jeune enseignant entre dans le métier sans compétence dans ce domaine ?