Mentor, un rôle porteur

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Image en CC0 sur https://pixabay.com/fr/mentor-d%C3%A9marrage-mentorat-2063045/

Dans la mythologie grecque, Mentor est le précepteur de Télémaque et l’ami d’Ulysse. Par assimilation, un mentor est un conseiller expérimenté, attentif et sage auquel on fait entièrement confiance. Il ne faut pas confondre « mentorat » et « coaching » qui sont deux concepts différents.

Définition sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Mentor

Depuis début octobre, j’ai le plaisir d’être mentor chez OpenClassrooms.

Habitué à plutôt jouer le rôle d’enseignant, de formateur, de tuteur, j’apprécie cette modalité d’accompagnement qui est nouvelle pour moi.

C’est un plaisir de pouvoir faire bénéficier la personne mentorée de son expérience de dizaine d’années dans le monde de la formation et de l’enseignement sans mettre en avant ce vécu comme la vérité vraie !

Non, le rôle a assumer est beaucoup plus fin que cela. J’ai trouvé des éléments qui me semblent intéressants pour le qualifier sur le site de l’université de Sherbrooke :

Lien : https://www.usherbrooke.ca/mba-mentorat/mentorat/mentor/role/

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Rôle du mentor

Le mentor écoute, questionne et donne du feed-back afin que le mentoré prenne les bonnes décisions, le mentor doit donc :

Savoir écouter

Il est important que le mentor sache écouter activement son mentoré. L’écoute active implique d’absorber ce que l’on entend et d’en vérifier la compréhension.

Bâtir la confiance

La confiance est primordiale dans une relation mentorale. Seul un climat de confiance permettra au mentoré de communiquer ses véritables objectifs, ses craintes et ses idées. Elle se construit petit à petit et ce n’est jamais quelque chose d’acquis.

Partager ses expériences

Votre mentoré appendra autant de vos échecs que de vos succès, le mentor est un modèle de compétence.

Faire réfléchir le mentoré

Faire une rétroaction constructive au sujet des forces et des domaines de développement. Cela ne signifie pas de dire à votre mentoré ce qu’il doit faire, il faut plutôt le guider vers ses propres solutions, ce qui permet au mentoré de se responsabiliser. Les mentors doivent poser des questions, informer et faire des suggestions qui amènent leurs mentorés à prendre leurs propres décisions.

Suivre les règles de conduite et le code d’éthique

Ces lignes directrices concernent la confidentialité, la vie privée, l’égalité, la responsabilité, les conflits d’intérêts et le professionnalisme.

«L’enthousiasme que vous affichez comme mentor énergisera votre mentoré et lui permettra d’accomplir beaucoup plus que ce qu’il n’avait jamais cru possible.»

Elizabeth Weinstein, Mentoring for Success

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Bien à Vous,

Jacques Cartier – Mentor chez OpenClassrooms – OpenClassrooms.com

Site personnel : www.jacques-cartier.fr – Blogue : www.espace-formation.org – Plateforme de formation : www.espace-formation.eu

Tutorat : ça mérite une réflexion !

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PaternitéPartage selon les Conditions Initiales Certains droits réservés par Ecole polytechnique / Paris / France

La formation de formateurs et d’enseignants à l’obtention du C2i2e que j’anime depuis décembre 2016 (jusqu’à début juin 2017) m’invite à réfléchir sur le rôle du tuteur à distance.

En effet, cette formation se déroule quasiment entièrement à distance. Le tuteur joue ainsi un rôle fondamental pour que les participants « tiennent le choc » sur plusieurs mois et valident les items utiles à l’obtention du certificat.

Je tiens à jour un journal de toutes mes interventions, comptabilise le temps passé et note la spécificité de chaque type d’intervention dans le but d’écrire à la fin de cette formation un article d’analyse.

Pour affiner ma réflexion, je me suis procuré récemment le livre de Jacques Rodet :

L’ingénierie tutorale

Définir, concevoir, diffuser et évaluer les services d’accompagnement des apprenants d’un digital learning – JIP éditions – 2016

Morceau choisi :

À cet égard, les observations de différents systèmes tutoraux, essentiellement en milieu universitaire, amènent à avancer quelques chiffres qui restent néanmoins à réinterpréter pour chaque dispositif de formation.

Le premier contact, lorsqu’il est mené de manière individuelle et de manière synchrone nécessite de 15 à 60 minutes par apprenant. S’il fait l’objet d’une rencontre synchrone, comme une classe virtuelle, avec un groupe d’apprenants d’une vingtaine de personnes, sa durée peut se situer de 1 à 3 heures.

La quantification de l’animation d’un forum (lancement, réponses, relances, production de synthèse) dépend fortement de la participation des apprenants. À titre d’exemple, un forum réunissant une trentaine de participants pendant une semaine, aboutissant à la publication d’une trentaine de contributions et d’une centaine de commentaires, demande de 2 à 4 heures d’interventions de la part du tuteur.

La rédaction de messages proactifs peut être largement facilitée par la production de modèles dès la phase de conception, mais ceux-ci nécessitent fréquemment des adaptations qui demandent de 3 à 10 minutes.

La rédaction d’un message réactif nécessite, selon la complexité de la demande, des temps très différents. Il semble néanmoins raisonnable de fixer leur durée de 5 à 15 minutes.

L’animation d’une séance synchrone telle qu’une classe virtuelle demande un temps d’intervention du tuteur égal à celle de la durée de la séance multipliée par 1,5 à 2 afin de prendre en compte les tâches de préparation et de bilan.

La production d’une rétroaction à une production d’un apprenant est corrélée au volume de celle-ci. Elle peut être très courte et largement préparée en amont dans le cas d’un QCM, mais beaucoup plus longue dans le cas d’un mémoire. Il est à noter que cette tâche d’évaluation est souvent – tant en présentiel qu’à distance – sous-estimée, voire non prise en compte pour la détermination du temps de travail du tuteur. Le temps de lecture peut être estimé de 1 à 3 minutes par page, la prise de notes préparatoires de la rédaction de 50 à 100 % du temps de lecture, la rédaction de la rétroaction de 15 à 30 minutes par page rédigée.

Les chiffres donnés ci-dessus ne peuvent constituer un viatique qui dispenserait le concepteur de procéder à un travail d’estimation plus contextuel. La quantification des interventions tutorales correspond toujours à une estimation et à une projection que la réalité peut venir démentir, du moins partiellement.

Pages 42, 43, 44 – Autorisation de Jacques Rodet par courriel le 3 mai 2017.

Jacques Cartier
www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.euwww.espace-formation.biz

Accompagner

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Tutorer une formation c’est l’accompagner. Ce verbe « accompagner » est bien décrit par Mireille Cifali et Alain André dans leur ouvrage « Ecrire l’expérience – Vers la reconnaissance des pratiques professionnelles« . (Puf – 2007)

« En quoi consiste cet accompagnement ? Dans une relation professionnelle, accompagner se spécifie par rapport à d’autres termes : contraindre, prendre en charge ou transmettre, notamment.
Accompagner serait aller avec, être à côté de, donner une place à l’autre, partir de l’autre et pas de soi. « Aller avec » évoque un professionnel qui se déporte vers le chemin de l’autre et pas de soi. Il est là, présent, permettant qu’un autre traverse l’épreuve, le moment, l’évènement. L’autre pourrait ainsi « compter sur » l’accompagnateur mettant à son service le savoir qu’il possède. Accompagner signifierait que l’on a intégré le fait que l’on ne peut pas agir et décider à la place de quelqu’un : que, sur certains registres de la vie, on ne peut contraindre, qu’il faut « aller avec », dans le mouvement imprimé par un autre. On propose, on accueille, on suggère, on renonce à l’injonction. Avec accompagner, on s’éloignerait, aussi, de la prise de pouvoir sur autrui. »
Pages 44 et 45

Ce paragraphe est un beau morceau choisi pour qui a la tâche de tutorer une formation entièrement à distance par exemple. Le questionnement engendré par la lecture de ce texte peut modifier la pédagogie du formateur sur le fond et sur la forme.

Certes, l’apprenant est un agent du dispositif, mais il en est aussi le sujet. Le formateur ne travaille pas sur une « poiésis » (fabrication d’objets), son action vise l’humain :

« Toute pratique renvoie à une activité exercée en vue d’obtenir un résultat, mais ici il s’agit d’une activité visant un autre humain. Les métiers concernés s’inscrivent dans des histoires sociales, voire familiales et personnelles, qui interdisent de les réduire à de purs savoirs et modes opératoires abstraits. Ils ont pour spécificité de s’adresser à des personnes en visant le développement de leur autonomie, qu’il s’agisse d’élèves, de « formés », de patients ou d’usagers… » – ouvrage cité page 82