Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 12)

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Debout à 4 h 30, train pour Paris à 6 h, arrivée gare de Lyon à 8 h 40, métro, réunion, métro, train, retour à 23 h …

C’était mon lot plusieurs fois par mois jusqu’au jour où le logiciel de classe virtuelle est entré en action.

Réunion en ligne avec micro et webcam, un petit expresso sur le bureau. Les premières réunions étaient émaillées de petits incidents techniques, notamment des soucis de micro. Puis l’usage se développant, les aléas techniques se sont estompés.

Peu à peu, cette façon de se réunir à distance s’est imposée. J’ai réduit le nombre de mes déplacements à Paris de moitié. Mais j’ai aussi économisé du temps de transport et les coûts liés ainsi que la fatigue. Et puis, j’ai trouvé que les réunions étaient plus efficaces, car il fallait aller à l’essentiel et tenir le temps prévu.

Rapidement m’est venue à l’esprit d’utiliser l’outil en formation ! Dans le cas d’une formation hybride, la classe virtuelle (le synchrone) permet de réunir tout ou partie des apprenants sans se déplacer. On peut aussi se réunir de façon impromptue si le coup de fil ne suffit à pas expliciter les choses, s’il faut se projeter un document par exemple.

Au début, on se surprend à utiliser l’outil de façon principalement expositive. On a beaucoup de choses à gérer : les contenus, la prise de parole, les interactions, le micro, la webcam…

Une fois ces lourdeurs assumées, on réfléchit à donner la main aux apprenants. Et s’ils avaient quelques diapos à présenter seuls ou en groupes, et s’ils prenaient la responsabilité de la gestion de la classe, de sa réservation, ses contenus, son déroulement, … ?

Cet usage n’a pas de peine à se développer car les personnes sont utilisatrices d’applications comme Skype ou Hangout. Elles changent d’interface mais pas de réflexe d’usage.

L’équipe enseignante du master Ipdod dans lequel j’étais intervenant (Ingénierie Pédagogique dans des Dispositifs Ouverts et à Distance – 2004/2008) a autorisé de nombreuses soutenances avec l’outil en ligne. Nous avons évité un déplacement coûteux à des étudiants qui venaient de Chine ou d’ailleurs, pour quinze minutes de soutenance et vingt minutes d’entretien avec le jury.

Je repense à l’instant à un texte de Michel Serres :

« Oubliez donc, un moment, les programmes et travaillez sur les canaux : les contenus, puis les méthodes pour les diffuser vous viendront par surcroît ; et vous vous étonnerez d’avoir trouvé les solutions sans les chercher. »
Hors-série du Monde de l’Éducation, « Apprendre à distance », septembre 1998.

Jack, formateur occasionnel.

A suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

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