e-portfolio en classe de troisième découverte professionnelle

image138

L’usage du portfolio pour ces classes est préconisé dans le document d’accompagnement (texte national disponible ici http://artic.ac-besancon.fr/sbssa/5Pluridisc/Accueil3DP6.htm) émanant de la direction de l’enseignement scolaire.

Les objectifs sont multiples :

  • Organiser le suivi des élèves, de leur projet;
  • Permettre l’évaluation des compétences liées à la découverte des métiers;
  • Offrir un espace de dialogue entre élèves, parents, profs et partenaires divers.

Compte tenu de ces contraintes, notre équipe s’oriente assez vite vers le portfolio électronique ou e-portfolio qui présente en outre l’avantage de se libérer de contraintes matérielles (tout est déposé sur le serveur de l’académie), de revaloriser l’élève (le portfolio constitue une sorte de vitrine), et finalement de fédérer les enseignements autour d’un outil de formation et d’évaluation commun. Quatre professeurs pilotent le projet mais tous ont un rôle à jouer.

Ne trouvant pas de plate forme en langue francophone susceptible d’accueillir les travaux de nos élèves, nous optons pour QuickPlace, un conseiller de la formation ouverte et à distance (foad) nous ouvre en un clin d’œil, un espace parmi les sites de travail collaboratif de l’académie de Besançon. Nous tâtonnons, nous expérimentons, nous ne comprenons pas tout, mais l’outil semble pouvoir répondre à nos attentes.

A la rentrée 2005, nous présentons une simulation à l’équipe pédagogique, puis aux élèves, tout le monde adhère. Le projet est adopté et notre administration a réglé les inévitables problèmes matériels et budgétaires.

En quelques séances, les règles de fonctionnement sont fixées en collaboration avec les élèves.

Durant le premier trimestre, nous travaillons à quatre, passons chacun des dizaines d’heures pour maîtriser le logiciel, nous organisons une formation pour l’équipe pédagogique, chaque prof et chaque élève a son adresse e-mail, les parents nous confient la leur et, pour ceux qui n’ont pas accès à la toile, nous ouvrons un cybercafé pour que personne ne se sente à l’écart.

Les élèves créent leurs premières pages, chacun se présente, parle de ses passions, quelques échanges ont eu lieu entre eux par messagerie, ce qui éveille rapidement en nous des fonctions de modérateur. Bref, une fois les bases jetées, il faut passer à l’essentiel : les élèves doivent déposer leurs productions.

Il est alors temps de relancer la dynamique au sein de l’équipe et nous voici tous les quatre rédacteurs de la revue Portfolio Echos , petite publication de quatre pages avec en message caché, un appel à la participation de tous. L’impact n’est pas à la hauteur de nos espérances, est-il déjà trop tard ? La routine est-elle déjà installée ? Quelques productions arrivent néanmoins et les portfolios se remplissent petit à petit.

Une deuxième relance semble nécessaire, c’est alors la grande opération intitulée les semaines portfolio. Quatre semaines qui apportent un peu d’animation sur la toile, la semaine des profs, la semaine du personnel non enseignant puis celle des élèves et celle des parents… mais là, c’était compter sans les manifestations anti CPE.

Juin 2006 :

En parcourant les e-portfolios de nos 48 élèves, cela ne correspond pas à l’idée qu’on s’en faisait à la rentrée, mais … si l’on pose un regard global, si on ne s’arrête pas sur les détails, que de chemin parcouru.

Les élèves ont déposé des écrits, des tableaux, des graphiques, des photos, des vidéos, des e-drawings, des enregistrements sonores et autres diaporamas. Ils ont crée des fiches métiers, pour la plupart, il y a vraiment matière à évaluer les compétences acquises au long de l’année scolaire.

D’agréables surprises ont eu lieu : nous ne pensions pas pouvoir faire travailler les élèves de façon aussi autonome et nous ne pensions pas que grâce à ce portfolio, la plupart d’entre eux validerait le B2i de niveau 2.

C’est sûr, l’année prochaine sera beaucoup plus dynamique et nous ne pourrons que progresser.

Les 5 scénarii de Compétice

image139

Introduire du distant dans la formation est souvent progressif. Il est difficile pour un formateur de passer du tout présentiel au tout distant.

Compétice (sur Educnet) propose 5 scénarii qui sont bien équilibrés :

·                    Présentiel enrichi par l’usage de supports multimédias

Les salles de cours étant équipées d’un ordinateur, d’un outil de projection et de sonorisation, les enseignants enrichissent leurs cours par la projection :

– de ressources textuelles, graphiques, audio et vidéo extraites de CD, DVD ou sites Internet ;

– d’expérimentations en direct (par exemple une expérience de chimie) ou de télé-expérimentations ;

– de simulation ou de micro-mondes ;

 

·                    Présentiel « amélioré » en amont et en aval

Tous les enseignants et les étudiants ont une boîte à lettre électronique. Avant et après le cours, l’enseignant met à la disposition des étudiants un certain nombre de ressources qu’ils peuvent atteindre à distance :

Avant :

– Syllabus du cours

– Préparation des TP et des TD : exercices, fiches méthodologiques, conseils…

– Planning de la formation

Après :

– Accès aux supports pédagogiques utilisés pendant le cours

– Accès à des dispositifs d’autoévaluation ou d’autoformation

– Echanges possibles à distance avec les enseignants et les étudiants.

 

·                    Présentiel allégé

L’essentiel de la formation se réalise en présence des enseignants. Quelques heures de cours ou de TD sont remplacées par des activités d’autoformation multimédia (ou non) qui sont planifiées par l’enseignant mais peuvent être tutorées par d’autres personnes (tuteurs, accompagnateurs d’entreprises, anciens…).

 

·                    Présentiel réduit

L’essentiel de la formation se fait en dehors de la présence de l’enseignant. Celui-ci :

– contractualise les objectifs en début de formation avec l’étudiant ;

– intervient de façon synchrone ou asynchrone, en présence ou à distance, essentiellement pour préciser ou ré-expliquer différemment des notions, animer des temps de partage et d’échanges… ;

– intervient de façon synchrone et en présence pour évaluer l’étudiant ;

– suit les étudiants en entretenant leur motivation grâce à des outils de pilotage.

 

·                    Présentiel « quasi inexistant »

C’est la formation ouverte et à distance ou à longue distance. L’essentiel de la formation se fait en dehors de la présence de l’enseignant. Celui-ci se déplace à longue distance pour aller rencontrer les étudiants sur leur terrain. Les étudiants ne se déplacent que pour l’évaluation finale. Une plate-forme permet le suivi des étudiants et offre à distance les potentialités habituelles d’un campus.

Tout est bien indiqué sur le site :

http://www.educnet.education.fr/bd/competice/superieur/competice/libre/index.php#

Blog-notes

image140

Conseils aux jeunes blogueurs pour s’exprimer sur les nouveaux supports de communication

En septembre 2005, le Clemi a réalisé, avec le CRDP de Versailles, un très intéressant dépliant destiné aux élèves de cycle 3 et de collège, pour les aider à s’exprimer sur les nouveaux supports de communication, notamment les blogs.

Ce document est également téléchargeable à l’adresse suivante : http://www.clemi.org/medias_scolaires/blogs/blog-notes4c.pdf.

Travailler à distance, travailler ensemble de collège à collège avec l’aide d’un formateur.

 

 

image142

Voici quelques éléments descriptifs d’un travail conduit dans le cadre de la formation continue de l’académie de Besançon au cours de l’année 2003/2004.

Je n’ai pas reconduit ce type de travail par la suite, attendant que les enseignants engagés dans des formations pédagogiques acquièrent plus d’aisance dans l’utilisation des outils de travail numériques.

J’ai utilisé un site commun à trois établissements scolaires distants engagés dans des formations sur une année : http://els6.ac-toulouse.fr/aider-eleve

Dans chaque site, j’ai animé trois séances de travail en présentiel et proposé un d’accompagnement à distance grâce au site de formation

La proposition d’accompagnement a été faite collectivement puis relayée par un mèl individuel.

Dans chaque collège, chaque projet était différent :

– améliorer le conseil de classe

– aider les élèves individuellement,

A l’origine j’ai imaginé de proposer un accompagnement à distance car j’avais identifié les besoins suivants :

– pour les participants : un intérêt pour les projets des autres équipes et un besoin de pouvoir faire appel au formateur entre deux séances en présentiel.

– pour le formateur : la possibilité donnée de proposer des ressources à consulter en intersession et de répondre à des questions.

Les aspects positifs en fin de parcours de formation :


– pour les participants assez à l’aise avec l’utilisation des outils numériques utilisés, un intérêt pour l’utilisation du site de formation pour questionner le formateur, déposer un document et consulter les ressources proposées par le formateur.
– pour le formateur : une motivation accrue par les sollicitations des participants en intersession, signe d’intérêt pour la formation proposée.

Les difficultés rencontrées au cours de cette formation mixte en présentiel et à distance :

– pour les participants peu à l’aise avec l’outil informatique… un sentiment de culpabilité et de frustration lié à la difficulté à utiliser les supports numériques

– pour le formateur : le sentiment de risquer de marginaliser de ce fait là certains participants.

En conclusion j’ai envie de dire que l’accompagnement des projets d’équipes d’établissement à distance est potentiellement d’une grande richesse, les échanges inter-établissements deviennent plus faciles et permettent de valoriser le travail fait sur chaque site en le rendant accessible à d’autres.

Il reste à réduire la fracture numérique au sein du monde enseignant pour que ces pratiques puissent devenir accessibles à chacun.

Une formatrice

Je blogue tranquille

image143

Beaucoup d’élèves se lancent dans la création d’un blog et c’est tout à leur honneur.

Comme beaucoup de jeunes et de moins jeunes ils ne sont pas toujours au courant de leurs droits et devoirs quant à la gestion de leur site d’écriture.

Savent-ils qu’ils sont responsables des commentaires qui sont publiés en réponses à leurs billets ?

Le Forum des droits sur l’Internet a publié un dossier intitulé « Je blogue tranquille » à mettre entre toutes les mains !

http://www.foruminternet.org/publications/lire.phtml?id=948

Dispositif « Enseigner pour le futur »

image144

L’Académie de Besançon est partie prenante du dispositif initié par le Ministère et la Société Intel. Une formation est inscrite au Plan Académique de Formation 2006-2007.

« L’objectif principal du déploiement de EF2-fr est d’intégrer les TICE dans les pratiques professionnelles des enseignants et le développement du travail collaboratif, en équipe et en réseau dans la perspective du B2i et des C2i.

Les enseignants peuvent :

– se former en ligne,

– échanger des expériences concrètes de travail (mise en réseau, travail collaboratif),

– produire en équipe des séquences pédagogiques qui seront mises en oeuvre en classe, analysées et évaluées.

EF2-fr propose une approche constructiviste de développement des compétences à travers des « parcours de formation » basés sur la production collaborative de séquences pédagogiques et s’appuyant sur différentes ressources. Cette approche est mise en oeuvre sur une plate-forme de travail à distance offrant divers outils et ressources. Les dispositifs de formation (académiques) s’appuyant sur EF2-fr proposeront des « parcours de formation » : ils articuleront activités en présence et travail collaboratif à distance… »

Rapport de faisabilité du projet page 13

Adresse de la plate-forme : http://fr.intel-lehren.de/

Un changement de paradigme

Penser la formation ouverte et à distance nécessite de se questionner sur l’acte d’apprendre. Il ne suffit pas de mettre des ressources à disposition en téléchargement. Il y a changement de paradigme comme l’indique Monique Linard.

« On ne conduit pas une voiture de Formule Un comme un vélomoteur, ni une usine nucléaire comme une boulangerie de village. On ne peut pas non plus éduquer et former une génération née dans l’univers des TIC comme une génération qui ne l’a connu que peu ou pas du tout.

L’actualité des thèmes de l’autoformation et de l’autonomie est un révélateur puissant. Ainsi que le remarque Albéro (2000, pp. 259-260), l’autoformation sort de son statut institutionnel marginal. Elle devient un champ exemplaire de recherche et de pratiques parce que le choix fondamental entre paradigme de l’instruction et paradigme de l’apprentissage a été fait et assumé dans ses conséquences. Ce choix oblige à dépasser la coupure rationaliste entre transmission objective et assimilation subjective des connaissances.

« Il incite à prendre en compte, de façon conjonctive et non plus juxtaposée les diverses perspectives qui conditionnent le développement d’une formation autonome : la perspective existentielle des personnes, celle socio-normative des institutions et celle, propre à l’ingénierie, des dispositifs techniques. Une telle imbrication implique bien un changement de paradigme. »

Autoformation, éthique et technologies : enjeux et paradoxes de l’autonomie – contribution publiée dans : Albéro B. (sous la dir. de), Autoformation et enseignement supérieur, Hermès/Lavoisier, pp. 241-263.

On ne peut pas aborder la problématique du distant par « le petit bout de la lorgnette », il est nécessaire d’avoir une vision beaucoup large dans une triple dimension : psychologique, pédagogique et sociale. (Philippe Carré, L’autoformation, 2002)

Ouvrage conseillé

image145

Un ouvrage qui ne passe pas inaperçu  » La révolte du pronetariat » de Joël de Rosnay.

Joël de Rosnay : Le phénomène des blogs a contribué à inonder le Net d’informations de qualité très diverse mais souvent originale. La création de contenus par les pronétaires gagne progressivement du terrain. Après la musique et les films, les nouveaux domaines conquis sont l’édition presse comme le montrent l’avènement et le succès des journaux en ligne rédigés par des « bloggeurs » ou des non journalistes. Un des premiers « journaux citoyens » européen, AgoraVox, à été lancé en France en juin 2005 par la société Cybion spécialisée dans la recherche d’information sur Internet. Dix mois après son lancement, le journal compte plus de 2 600 rédacteurs réguliers et accueille près de 480 000 visiteurs par mois.

L’auteur sur la toile : www.derosnay.comwww.pronetaire.com

Le principe de servuction appliqué à la foad

Préparer une formation ouverte et à distance est un travail conséquent. Dès le lancement de la formation tout doit être prêt pour accueillir les apprenants.

Mais cette préparation tient-elle suffisamment compte du principal intéressé, l’apprenant est-il au centre du dispositif ?

Ne doit-on pas appliquer le principe de “servuction” ?

Servuction : ce néologisme, proposé par Eiglier et Langeard, est le résultat de la contraction des termes SERVice et prodUCTION. Il marque la nécessité d’envisager la production de service avec des démarches spécifiques à celles de la production de biens.

« La servuction de l’entreprise de service : c’est l’organisation systématique et cohérente de tous les éléments physiques et humains de l’interface client-entreprise nécessaires à la réalisation d’une prestation de qualité dont les caractéristiques et les niveaux de qualité ont été déterminés. »

(P. Eilgier, E. Langeard)

http://www.cyber.uhp-nancy.fr/demos/MSL-DEM/premcha/premsec.html

C. Bissey et J.L Moreau voient quatre étapes :

Catherine Bissey, Jean-Luc Moreau – TIC et NET – PUF Éducation et formation – Page 137

« Il s’agit d’impliquer le bénéficiaire du dispositif dès l’amont, afin qu’il devienne réellement coproducteur du service dont il doit bénéficier »

– ingénierie de la demande ;

– conception du dispositif ;

– mise en œuvre ;

– évaluation. »

Le tableau de la page 138 intitulé “Hypothèses d’actions pour la mise en œuvre du principe de servuction sur un dispositif de Foad” est intéressant :

Étapes constitutives de l’ingénierie d’un dispositif de FOAD

Propositions d’actions pour l’application du principe de servuction

1. Ingénierie de la demande

  • paramétrer le différentiel entre les compétences réelles et les compétences attendues
  • analyser le contexte, les contraintes et les ressources
  • formaliser les objectifs et les résultats attendus


Interviews d’un échantillon des personnes ciblées par l’action

Validation par des personnes cibles du contexte, des contraintes et des ressources

2. Conception du dispositif

  • construire un plan de masse du dispositif
  • définir les modalités d’organisation de la formation, les acteurs, les outils, les supports, les modes de communication…
  • définir les critères et les modalités de suivi et d’évaluation


Participation de personnes cibles à la conception
Groupes tests pour vérifier la pertinence des choix
Identification et intégration des résultats attendus des bénéficiaires

3. Mise en œuvre

  • conduire et assurer le suivi du dispositif de formation


Individualisation des parcours
Développement de l’interactivité et du réseau des acteurs
Accompagnement des bénéficiaires en juste à temps
Évaluations et ajustements intermédiaires

4. Évaluation

  • évaluer les résultats et mesurer les éventuels écarts par rapport au cahier des charges
  • ajuster


Évaluation de la réalisation des objectifs individuels
Utilisation des résultats de l’évaluation
Traitement individuel des écarts

De la formation à distance pour les collégiens

Cette question peut paraître incongrue dans la mesure où les collégiens ont leur cours en présentiel. De plus les travaux qu’ils sont amenés à faire à la maison proviennent directement de ces mêmes cours.

Et pourtant, on trouve des ressources en ligne permettant aux élèves de travailler à leur rythme et sur des sujets choisis par eux. C’est le cas des mathématiques :

Le site « Amicollege » en est un remarquable exemple.

Son fonctionnement est simple : un enseignant inscrit son établissement et crée une (ou plusieurs) classe(s) dans laquelle il peut entrer (manuellement ou sous forme de fichier) les noms des élèves ayant besoin d’un « coup de pouce ».

Il y a possibilité de suivre les travaux déjà faits : sous forme de tableau résumant la réussite (un ou deux essais), la réussite après tentatives multiples ou l’abandon de la tâche.

C’est utile, par exemple, pour des révisions en vue du Diplôme national du Brevet (en particulier pour des mises au point en géométrie).

Un enseignant a une possibilité intéressante : il peut « ouvrir un compte » à titre individuel : pratique pour visiter la totalité du site.

Un site à tester et dont nous aurons certainement l’occasion de reparler.