Conte pour un formateur occasionnel – Scène 5

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Source en CC0 : https://pixabay.com/fr/cible-dart-objectif-succ%C3%A8s-jeu-1414788/

J’ai le sentiment que la nouvelle activité proposée va nous faire monter d’un cran dans la complexité. Notre formateur aborde la notion d’objectif pédagogique.

On pourrait s’attendre à ce qu’il se lance dans un bel exposé bien ficelé. Il a le bagout et la bouteille pour le faire. Mais non, il nous invite à faire une recherche en nous donnant une consigne, des ressources à visionner et lire.

Bref, il faut qu’on se prenne en charge pour creuser la notion. C’est parfois plus confortable en tant qu’apprenant de laisser faire le formateur, surtout si la formation pour soi est un moment de se mettre un peu au vert loin du boulot et des petits soucis du quotidien. Mais le Jacques, il veut qu’on bosse !

Je remarque qu’il utilise un outil en ligne qu’il nomme carte conceptuelle (ou carte mentale, ou mind map). Je vous indique un lien qu’il nous a donné d’une carte outil de travail : https://tinyurl.com/y8wngyo7 .

J’aime bien le côté souple de cet outil. On chemine facilement en cliquant pour ouvrir un document texte, image, vidéo. Et puis c’est en ligne, donc consultable de x endroits…

La consigne qui nous est donnée est la suivante :

« Construisez les objectifs pédagogiques d’une séquence pédagogique que vous allez bientôt animer dans votre entreprise en vous inspirant de la taxonomie de Bloom.Déposez votre travail (diaporama) dans le forum dédié « Bloom, Bloom, Bloom ».Vous ferez une courte présentation de votre projet en choisissant le mode de présentation que vous souhaitez.

Documents d’aide pour réaliser cette tâche :
– Vidéo à visionner : https://youtu.be/-fvpwEibqo8– Lecture d’un billet de blogue publié par Sophie Turpaud (1) »

Cet exercice me rappelle des moments de ma scolarité. Je ne me suis jamais trop questionné sur la façon dont mes professeurs préparaient leur cours. Je suivais en classe avec plus ou moins d’intérêt. Je me rends compte maintenant que la plupart de mes enseignants devaient préparer leur travail avec un grand soin.

Mon prof d‘anglais en terminale qui préparaient ses séances en partant souvent de l’histoire de ma région. Il montait des sortes de scenarii. Après coup, je me rends compte que son travail était hyper structuré et que ses objectifs pédagogiques étaient super travaillés.

Mon prof d’allemand qui partait lui aussi de scenarii imaginés. À la fin de la séance, tout était écrit au tableau pour que nous fassions une synthèse des éléments les plus importants à travailler et à retenir.

Chapeau bas messieurs « X » et « Y » pour vos cours d’allemand en 1968 et d’anglais en 1971…

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

(1) Source : http://sophieturpaud.com/2015/02/10/comment-definir-un-objectif-pedagogique-en-formation/

Conte pour un formateur occasionnel – Scène 4

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Source : image en CC0 sur https://pixabay.com/fr/ordinateur-toile-cahier-l-internet-502249/

Notre formateur évoque le zéro papier. L’organisme qui l’emploie souhaite que toutes les ressources de la formation soient sous forme numérisée. Pas très compliqué, car la ressource officielle est un diaporama !

Oui mais notre « coach » a ajouté des éléments à ce diaporama. Des consignes de travail, des liens vers un texte à étudier, une vidéo à consulter, … Il dispose personnellement d’une plateforme de formation. Il nous a créé un compte à chacun avec un identifiant et un mot de passe. Il nous laisse cet accès courir pendant six mois après notre présentiel. Chacun pourra consulter les contenus depuis son domicile ou de tout poste relié à Internet.

Le groupe demande des explications, car personne ne semble très féru dans l’utilisation de la « toile ». Et lui de nous expliquer qu’il est hébergé par un prestataire de service qui, moyennant deux euros par mois (TTC !) lui donne un accès permanent à une plateforme de formation et à un blogue. Je vous donne les adresses si cela vous intéresse :

–  www.espace-formation.eu pour la plateforme ;

–  www.espace-formation.org pour le blogue.

Rem : un nom de domaine (je ne connaissais pas ce terme) est compris dans l’abonnement.

Je ne mets pas longtemps à me dire qu’il y a là pour un formateur, même occasionnel, un plus extraordinaire. Quel que soit l’endroit où je fais ma formation, j’ai accès à mes ressources ainsi que mes apprenants. Je peux les faire travailler sur cet espace : s’exprimer dans un forum, déposer des contenus fabriqués pendant la formation mais aussi durant l’intersession, contacter le formateur, un stagiaire, un groupe de stagiaire, …Oups !

Jacques, c’est le prénom de notre formateur, dispose également d’un site : www.jacques-cartier.fr .

Il nous indique que cette présence sur l’Internet est pour lui un moyen incontournable pour se faire connaître et décocher des missions, car il est autoentrepreneur. Il est également très présent sur les réseaux sociaux LinkendIn, Facebook et Twitter.

Moi qui croyais que les réseaux sociaux ne concernaient que des discussions sans grand intérêt, je commence à revoir ma copie. Une fois rentré à la maison, je vais m’essayer à tout ça. Je demanderai à ma fille et mon fils de me conseiller, mes ados un peu (!) branchés par ces technologies.

Jacques lance une nouvelle activité. Il distribue un ordinateur portable à chacun connecté en Wifi et équipé d’un casque audio. Il nous donne nos accès à sa plateforme et indique l’activité à réaliser par groupes de deux. Nous devons visionner une vidéo et à partir des consignes, déposer notre ressenti dans un forum dédié à cette activité…

Je sens que je vais apprendre des choses ce matin. Je montrerai à mes gamins, ils me trouveront certainement un peu moins tarte avec mon smartphone quand je vais leur montrer que j’accède à ma formation depuis mon téléphone !

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Conte pour un formateur occasionnel – Scène 3

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Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Did%C3%B3_Pollitxinella-MAE-O26323.jpg

À la fin de sa présentation (PowerPoint), le formateur nous fait réfléchir au fait que nous ne pourrions pas utiliser uniquement ce mode de présentation dans nos futures animations de formations. Les personnes présentes s’accordent pour dire que cela devient vite ennuyeux. Elles citent même des exemples vécus de diaporamas subis en tant que formés pendant des heures contenant une foultitude d’informations. Dans les rangs, çà commençait un peu à se dissiper, à discuter, regarder ses sms. Attention perdue assurée !

Le formateur évoque que, lors d’une intervention d’un formateur extérieur (lui était formé, il avait alors cinquante ans), le groupe s’est mis à fabriquer des fusées en papier. La salle s’est transformée en Cap Canaveral !

Ou comment perdre la face en cinq minutes !

Oui, mais alors, que faire ? Mettre les stagiaires en activités, leur proposer des choses à réaliser seuls ou en groupes ?

À ce moment nous nous mettons par groupes de deux et avons pour « mission » d’imaginer un petit catalogue d’activités possibles à proposer à nos brebis. Nous cogitons vingt minutes et venons présenter en cinq minutes à tout le groupe le fruit de nos recherches.

Intéressant d’observer que les personnes se prennent prises au jeu. Les présentations sont variées, autant au niveau du contenu que de la forme. Certains ont beaucoup d’humour, d’autres sont plus placides mais tout aussi passionnants.

Certaines personnes restent en retrait lors de ce « show ». On sent que, pour certains, prendre la parole est un exercice de style difficile. D’ailleurs, à la fin de cette activité, le formateur donne quelques conseils sur la façon de se tenir devant le public, de poser sa voix, de gérer son stress. Il évoque le fait que, même après plus de quarante ans de pratique, le stress le guette parfois au coin du bois.

Il parle de cela en faisant un peu le pitre devant nous et en forçant le trait. Bouger trop rapidement d’un bout à l’autre de la salle, parler trop fort ou de façon inaudible, disparaitre derrière l’écran de son ordinateur, gesticuler ou au contraire se figer, …

À un moment, pour reprendre l’attention du groupe, il se met à chanter :

« Ainsi font, font, font,

Les petites marionnettes,

Ainsi font, font, font,

Trois p’tits tours et puis s’en vont. »

Et tout le monde de le regarder un peu interloqué. Il a repris en main le groupe !

Il a un côté marrant l’ancien, euh ! pardon, notre formateur !

Je ne sais pas si je vais oser chanter dans ma salle de formation, en plus je chante comme une casserole…

À suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Conte pour un formateur occasionnel – Scène 2

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Source dans le domaine public : https://ln.wikipedia.org/wiki/Fichier:Anker_Die_Dorfschule_von_1848_1896.jpg

Mon chef m’a averti que j’ai été validé pour suivre une formation de formateurs. J’en suis ravi. Deux jours consécutifs et un troisième un mois plus tard.

C’est aujourd’hui le premier jour. Je suis arrivé en avance car avec les transports il y a souvent des aléas.

Le formateur est déjà là, je le salue. Il est en train de préparer sa salle. Il met les tables en U, connecte son ordinateur à une grande télévision fixée au mur. Il dispose aussi du son au-travers d’enceintes amplifiées intégrées au téléviseur.

Le fait qu’il dispose les tables de cette façon m’interroge car, dans les salles de formations de ma boîte, les tables sont disposées « à l’ancienne » comme dans mon école primaire. Vous vous rappelez, il était interdit de se retourner pour demander la gomme du copain sinon on écopait d’une punition.

J’observe le formateur. Plus tout jeune, il donne l’impression d’un gars qui a roulé sa bosse dans ce métier. Il officie calmement, organise son bureau, dispose des fiches papiers (feuilles d’émargement ?) … Il teste sa connexion Internet, le volume son qui sort de son ordi. Il écoute un morceau de musique classique…

Vers 9 heures moins le quart, les premiers stagiaires arrivent. Le formateur les salue en leur tendant la main. Il a toujours un petit mot sympa d’accueil pour chacune des personnes. C’est agréable !

Le groupe s’est installé dans la salle, chacune et chacun attend en silence. Le formateur prend la parole. Il se présente assez succinctement et simplement, mais on perçoit qu’il a de l’expérience dans le métier. Rapidement, il donne la parole à l’assemblée en demandant que la présentation soit assez courte et dans le contexte de la formation du jour. Il écoute avec attention et prend des notes.

Il se lance ensuite dans une courte synthèse dans laquelle il montre qu’un public n’est jamais uniforme, que les personnalités sont différentes, les expériences de vie variées, …

Je retiens que le groupe homogène est une vue de l’esprit. Ben, ça promet !

Puis le formateur se lance dans une présentation en s’appuyant sur un diaporama. Je le regarde faire et m’attache en fait plus à sa prestation qu’au sujet qu’il traite. Oui, pardonnez-moi, mais je l’observe…

Il s’exprime très clairement, prononce un minimum de « euh ». Il regarde son auditoire en permanence, ne tourne pas le dos au public pour lire ses diapositives. Il leur jette un petit coup d’œil furtif sans plus.

Ces diapos sont très lisibles pour nous. Peu de texte, une image par diapo, de temps à autre une courte vidéo (intégrée à la dia) qui vient étayer son propos. J’avais l’impression qu’un diaporama servait plutôt à vendre des aspirateurs, je me rends compte que c’est un bel outil pour présenter une idée.

J’ai le sentiment que je vais vivre de beaux jours en suivant ce stage. Le formateur m’a mis en confiance.

A suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Conte pour un formateur occasionnel – Scène 1

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Source en CC0 : https://pixabay.com/fr/formation-d%C3%A9veloppement-d-affaires-396524/

Je travaille dans une grande entreprise et mon chef de service me sollicite pour former des jeunes qui arrivent dans le métier. Il me dit que je connais bien le boulot et que je saurai faire passer le message à ce nouveau public.

Moi, je ne suis pas très à l’aise pour accepter cette proposition. Déjà, j’ai un peu de mal à parler devant un public. J’ai le trac, ma voix s’étouffe, j’ai vite la bouche sèche et la boule au ventre. Il faut que je demande à mon chef si une formation spécifique me sera donnée pour assurer cette tâche.

Il me dit que je n’ai pas de souci à me faire car les contenus sont déjà prêts. C’est le service formation qui les a écrits. J’ai commencé à les consulter. Certes, la plupart me semblent bien faits, mais d’autres sont un peu compliqués, confus. Il va falloir que j’adapte ces derniers sinon mon public ne va rien comprendre.

Oui, mais comment je vais faire ? On m’a fourni un ordinateur portable et je dois faire des « PowerPoint ». Je ne suis pas un cador en informatique et n’ai jamais fait de diaporama. Heureusement, un copain qui bosse dans le commerce m’a dit qu’il me donnerait les rudiments pour m’y mettre.

Et puis, j’ose à peine le dire, mais je ne suis pas un crack de l’orthographe. C’était ma bête noire à l’école. Heureusement ma compagne, elle, écrit avec facilité et sans fautes. Elle va corriger mes écrits… Oui, mais j’aurai aussi à écrire sur un tableau blanc devant mes stagiaires !

Dès que je construis une diapositive, je me pose plein de questions. Quoi dire en priorité, comment organiser mes contenus ? Est-ce que je suis bien logique dans ce que j’écris ? Les personnes vont-elles comprendre facilement ce que je projetterai ? Et puis, je ne vais pas projeter des diapos pendant deux jours ! Je fais quoi le reste du temps ?

Bref, aujourd’hui, je flippe !

A suivre !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

 

Ça me questionne, me chiffonne !

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Source en CC0 : https://pxhere.com/fr/photo/1213117

En faisant de la veille ce matin, je tombe sur une expérimentation qui s’intitule « Lycées 4.0 » qui se mettra en place dès la rentrée de septembre en région Grand Est : http://numerique-educatif.fr/.

Je trouve très intéressant que cette expérimentation concerne 50 lycées qui utiliseront le numérique au quotidien et permette ainsi un développement des usages.

Il y a un point qui me questionne, me chiffonne, c’est le fait que les familles doivent financer tout ou partie du matériel (tablette ou ordinateur PC).

Une aide peut-être allouée en fonction des revenus de la famille : http://numerique-educatif.fr/aide-a-lequipement-individuel/

L’outil numérique ne devrait-il pas en fait être prêté à l’élève le temps de son passage dans l’établissement, de la même façon que celui-ci met à disposition des salles de cours, les chauffe l’hiver, les entretient ?

La modalité pédagogique change, mais pourquoi ce changement reste-t-il en partie (ou entièrement) à la charge des familles ? Le système éducatif devrait, me semble-t-il assumer ses responsabilités.

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Numérique, numérique, est-ce que j’ai une gueule de numérique !

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PaternitéPartage selon les Conditions Initiales Certains droits réservés par luc legay

Être formateur aujourd’hui, est-ce possible sans être un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout numérique ?

Un peu ? Les formateurs sont numériques sans le savoir. Ils utilisent pratiquement tous le diaporama pour présenter des idées à l’écran.

« Vous nous faites un PowerPoint ! », « Vous nous le laissez comme trace de votre intervention. »

Le diaporama est un logiciel qui fait appel à des habilités de manipulation de fichiers (textes, images, sons, vidéos), une aisance d’utilisation du vidéoprojecteur.

Beaucoup ? Certainement oui, car la tendance est très marquée à l’utilisation de modalités hybrides, incluant présence et distance, asynchrone et synchrone. L’employabilité du formateur est de plus en plus soumise à ses capacités à jouer sur les deux tableaux présence / distance.

Passionnément ? C’est toujours un peu risqué car le numérique risque de prendre le dessus sur les habilités du formateur : sa capacité à communiquer, à animer les groupes, à accompagner. Mais le mythe de la technologie éducative remplaçant l’intervenant a toujours des adeptes.

A la folie ? On court le risque de ne pas être employé pour animer une formation dans ce cas !

Pas du tout ? Cela semble un peu décalé par rapport à l’évolution des solutions offertes par le numérique dans les tâches quotidiennes. Ne serait-ce que stocker les fichiers utilisés lors d’animations de formations. Ils peuvent être mis en ligne et directement utilisables par les apprenants. Souplesse vers le zéro papier…

*

Ne faut-il pas parler d’une « identité numérique » du formateur, de sa capacité à utiliser le numérique à bon escient ?

On pourrait faire une sorte de portrait du formateur numérique en allant du plus simple au plus complexe :

  • Habilité à utiliser la messagerie électronique dans le respect de la nétiquette. Messages bien écrits, réponses faites sous 48 h au maximum, empathie permanente dans l’accompagnement des apprentissages, respect des personnes apprenantes, … ;
  • Production de documents numériques soignés dans le respect du droit d’auteur (traitement de texte, diaporama, carte conceptuelle, …) mis à disposition des apprenants ;
  • Utilisation d’une plateforme de formation sur laquelle les contenus sont déposés par une équipe de production. Le formateur les utilise en apportant son savoir-faire ;
  • Utilisation d’une plateforme de formation sur laquelle le formateur crée les contenus et les activités à partir des outils fournis par la plateforme. Il devient à ce moment-là un producteur de contenus ;
  • Utilisation d’un logiciel auteur : le formateur est équipé de ce type de logiciel pour produire les contenus de A à Z, incluant du texte, des images, du son, de la vidéo.

L’identité numérique du formateur s’enrichit au cours du temps. Elle peut aussi se traduire dans l’achat d’un nom de domaine (prénom-nom.fr par exemple), la création d’un site, l’utilisation d’une plateforme personnelle hébergée chez un prestataire de services, de réseaux sociaux professionnels, …

Formateur occasionnel, belle aventure !

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Image en CC0 sur https://pixabay.com/fr/pr%C3%A9sentation-entra%C3%AEneur-tuteur-407291/

J’ai mission depuis quelques mois de former des formateurs occasionnels pour le compte d’une grande entreprise.

Ces personnes ont été repérées pour la qualité de leur travail et leur aptitude à communiquer. L’entreprise leur propose ainsi de devenir formateur occasionnel pour former par exemple des primo arrivants qui entrent dans le métier. Un recrutement de 1000 personnes est prévu cette année sur un métier particulier !

La plupart des impétrants n’ont jamais joué le rôle de formateur et gardent une vision de l’enseignement issue de la scolarité du primaire et du secondaire.

Ce souvenir plus ou moins ancien fige souvent la relation formateur / formé dans un modèle descendant du maître à l’élève. Le premier réflexe de ces futurs intervenants est de privilégier le mode expositif. Ce n’est pas un hasard si leur outil premier est le diaporama.

Communiquer

La première difficulté rencontrée concerne la façon de communiquer avec l’assemblée présente : la façon de regarder le public, de poser sa voix, la façon de bouger et d’occuper l’espace de la salle. Beaucoup de personnes reconnaissent que c’est la principale difficulté.

Au formateur d’inventer des mises en situation au cours desquelles il sera possible de « travailler » cette communication avec le public présent.

Concevoir les contenus

L’organisme de formation fournit beaucoup de supports « prêts à l’emploi ». Les formateurs qui sont déjà intervenus reconnaissent la qualité des supports mais aussi leurs limites. Ils sont parfois trop exhaustifs et obligent le formateur à les « pédagogiser ».

Commence alors un travail de conception ou de modification des contenus. C’est là que j’interviens pour faire réfléchir sur le fait que les situations pédagogiques qui utilisent ces ressources doivent être variées pour éviter de trop longs discours bloquant le formateur dans ses propres supports. Nous passons alors en revue les différentes méthodes pédagogiques.

La formulation des objectifs pédagogiques est un moment clé. On s’aperçoit que pour un débutant, c’est un exercice de style difficile. Il faut fournir des outils d’aide sous forme de grille préétablie, d’utilisation claire de la taxonomie de Bloom, …

Animer la formation

Il semble important que le formateur occasionnel analyse bien le contexte de son intervention. Quelle est la place de la formation dans la vie de l’entreprise, quel est le rôle du formateur, quel est le public à former, … ?

Former ses pairs est une difficulté supplémentaire. Comment le statut de formateur occasionnel est-il appréhendé par les formés, quelle est la légitimité de leur collègue à assurer ce rôle ?

Et puis dans le cas d’une formation d’un ou plusieurs jours, de plusieurs mois, comment gérer le temps, le déroulement des activités, l’espace salle de formation, le matériel utile (y compris des ordinateurs1), la communication entre les personnes ?

  1. les organismes de formation insistent de plus en plus sur l’introduction du numérique dans la formation. En présence et aussi à distance y compris la classe virtuelle.

En préparant mes contenus de formation, je suis tombé sur un document (sur la toile) que j’ai trouvé très pertinent. Il s’intitule « Guide des bonnes pratiques du formateur occasionnel ».

En voici le lien : http://extranet.ucanss.fr/contenu/public/EspaceRessourcesHumaines/pdf/FormationProfessionnalisation/Guides_FP/160203_Guide_bonnes_pratiques_2016.pdf

En animant ces formations de formateurs occasionnels, la nécessité d’une formation approfondie m’apparaît clairement. Quand je pense qu’il y a quelques années les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres avaient été supprimés, comme si le métier d’enseignant (ou de formateur) ne nécessitait pas de formation spécifique !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.frwww.espace-formation.eu

Blog, blog, blog, un peu, beaucoup, passionnément, …

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https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/42/Blog_%281%29.jpg

By Cortega9 (Own work) [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons

De nombreux stagiaires me posent la question. Jacques, dois-je choisir un réseau social pour publier des articles, le blog (blogue) est-il à mettre au rancart ?

Pour répondre à ce questionnement, je fais référence à ma propre pratique. Blogueur depuis de nombreuses années – www.espace-formation.org -, je poursuis mon activité « d’écrivain » sur ce support dont j’apprécie la souplesse et la richesse d’utilisation. C’est vraiment un lieu d’écriture privilégié. On se sent journaliste à part entière ! D’ailleurs le blogueur est de fait un journaliste à part entière, responsable de ses écrits et des commentaires apportés par les internautes.

C’est vrai que mon écriture a débordé vers les réseaux sociaux, LinkedIn, Facebook et Twitter. Mais la teneur des « posts » n’est pas de même nature. Je dirais que pour le blogue, je suis plus dans une écriture plus aboutie, plus fouillée que dans mes écrits sur les réseaux. Mais cette assertion tend à prendre du plomb dans l’aile néanmoins !

En effet j’utilise la viralité des réseaux (LinkedIn) pour écrire en diffusant immédiatement sur des plateformes comme Facebook et Twitter. Et souvent, je copie colle l’article dans mon blogue…

Donc il y a une sorte de multi production qui s’installe dans ma pratique.

Alors, Jacques, tu abandonnes ton blogue ?

Non, parce qu’il y a d’autres arguments qui militent en sa faveur !

La possibilité d’une écriture à plusieurs, avec des statuts très fins, de l’administrateur à l’abonné sur WordPress par exemple. Le statut d’auteur permet à la personne une autonomie complète de ses billets, publication sur le Toile comprise. Le statut de contributeur permet une autonomie de création de billets, mais la publication finale est faite par l’éditeur (rédacteur en chef). Je pense à la co-écriture avec des stagiaires, des étudiants, des élèves. (Cas d’un travail commun avec des étudiants de différents pays – projet interculturel)

Et puis, le blogue est un outil très performant pour que des stagiaires valident des compétences pour obtenir par exemple le B2i adulte (1), le C2i2e (2). Je pratique cette forme d’évaluation pour cette attestation et cette certification. Le postulant publie des billets sur son blogue qui viennent valider tel ou tel item du référentiel.

Avec des collègues, nous pratiquons ainsi pour la validation du B2i adulte en région Bourgogne Franche-Comté. Je termine actuellement une formation de treize personnes au C2i2e (quasiment entièrement en ligne). Le blogue est notre outil de référence également.

En fait, c’est le projet d’écriture qui va orienter votre choix de supports en ligne. Vous allez ainsi choisir celui qui correspondra le mieux à votre projet personnel et/ou collectif.

Pendant que j’y pense : pensez à bien choisir votre hébergeur de blogue !

Soignez votre autonomie : pas de publicité, possibilité de faire des sauvegardes, pérennité de l’outil et de l’hébergeur…

Et ne soyez pas effarouché par le coût. Mon hébergeur me propose un nom de domaine, un blogue WordPress et une plateforme de formation Moodle pour deux euros par mois.

Jacques Cartier

  • Brevet Informatique Adulte
  • Certificat Informatique et Internet de niveau 2 Enseignant formateur

Le formateur au centre du dispositif

formation

https://goo.gl/images/XQFHpA

« L’apprenant au centre du dispositif » : c’est une expression consacrée pour définir une qualité première d’un dispositif de formation performant.

Et si, pour une fois, pour un court instant, on mettait en avant « Le formateur au centre dispositif » !

Les organismes de formation, pour lesquels je travaille sous forme de missions, me disent que les appels d’offres qu’ils reçoivent stipulent que les formations à assurer doivent de plus en plus proposer une multi modalité, de la présence / distance.

Mais quid de la mise en place de ce nouveau paradigme qui inclut une part non négligeable de numérique ? La présence d’une plateforme de formation, la création de ressources multimédia, l’utilisation d’outils de communication comme la classe virtuelle, …

Et il ne faut pas se limiter aux aspects techniques car les aspects pédagogiques sont encore plus complexes à imaginer : que faire en ligne, que faire faire aux apprenants, comment communiquer, comment accompagner, … ?

Parfois, je trouve que les organismes de formation ne prennent pas suffisamment conscience qu’il est important de former leur pôle de formateurs à ce nouveau challenge. Ils ont tendance à laisser venir, à imaginer que les formateurs vont s’y mettre naturellement car c’est leur métier après tout !

Oui, mais ne s’agit-il pas d’une nouvelle professionnalité qu’il est impératif qu’ils acquièrent et non pas seulement d’une dextérité à utiliser des outils numériques ?

Ils doivent accompagner leurs apprenants lors des phases à distance. Ils deviennent ainsi des tuteurs à part entière. Ce nouveau rôle ne s’improvise pas. Le bon sens n’est pas toujours synonyme de réussite.

Il est demandé aux formateurs de créer des ressources (textes, images, vidéos, …) à déposer sur une plateforme. Mais avec quels outils de scénarisation ? On ne peut pas se contenter de déposer des fichiers .PDF même si leurs contenus sont très pertinents. Des liens vers des sites, des images, des vidéos sont devenus des médias incontournables sur le web 2.0. Alors quels outils fournir aux formateurs pour les aider à scénariser ces ressources enrichies ?

Et ces ressources, sont-elles libres de droits ? Ce sujet est très sensible. La quasi-totalité des formateurs (et des enseignants) dont j’ai la charge ne se soucie pas suffisamment du droit d’auteur. Comme si la Toile était un espace ouvert à tous vents, les ressources présentes disponibles d’un simple clic, auberge espagnole de contenus !

Si un formateur produit un parcours de formation de qualité pour l’organisme dont il dépend et qu’il s’avère que nombre de documents sont sous copyright, cela peut devenir fâcheux pour les responsables du dispositif. L’image de marque risque d’être flétrie.

Il est demandé aussi à mes collègues formateurs d’utiliser la classe virtuelle pour travailler en synchrone avec des apprenants disséminés géographiquement. Là encore, il faut un peu de « bouteille » pour animer ce genre de réunions. Comment cette classe s’intègre-t-elle dans le curriculum de formation, quid de sa création, de son animation, de la place des apprenants dans son déroulement ?

Vous le voyez, laisser les formateurs un peu livrés à eux-mêmes n’est pas un service à leur rendre. L’organisme de formation doit prendre en main la gestion d’une nouvelle professionnalisation de ses acteurs qui sont sur le terrain en lien direct avec les apprenants.

« Le formateur au centre du dispositif », un passage obligé !

Jacques Cartier – www.jacques-cartier.fr