Importance de l’environnement techno pédagogique

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Nathalie Deschryver a soutenu sa thèse intitulée « Interaction sociale et expérience d’apprentissage en formation hybride » le 8 septembre 2008. Elle a déposé son travail sur Archive Eductice à l’adresse suivante : http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00338100/fr/.

 

Elle étudie notamment dans sa recherche la place que tient l’usage de l’environnement techno pédagogique dans l’expérience d’apprentissage des étudiants et les interactions sociales.

 

 

« L’usage effectif qu’ont les acteurs de l’environnement est central. On peut parler d’expérience d’usage qui va être influencée par certaines caractéristiques des acteurs (degré de maîtrise, degré d’usage, besoins, etc.), du dispositif de formation (préparation technique, accompagnement) et de l’environnement technologique (adéquation des médias aux besoins communicationnels). L’expérience d’usage représente à la fois les usages développés et la perception des acteurs quant à l’adéquation par rapport à leurs besoins. » – page 92

 

Si l’apprenant est actif, interagit avec ses pairs et l’enseignant, s’empare de l’outil pour communiquer, télécharger et déposer des documents, l’expérience d »apprentissage devrait se réaliser en profondeur. L’outil, dans ce cas, est une aide précieuse. On observe souvent que, dans le cas où l’environnement d’apprentissage ne convient pas, les apprenants trouvent des substituts sur l’internet, pour communiquer entre eux par exemple. Nathalie Deschryver évoque la notion d’affordance :

« Cela renvoie à la notion d’affordance qui définit la relation entre les caractéristiques des outils et celles des usagers qui les utilisent (Norman, 1988). Dans le domaine de l’apprentissage, on parlera d’affordances pédagogiques (Kirschner, 2002, cité par Jermann, 2004) pour désigner les caractéristiques d’un artefact déterminant si et comment une expérience d’apprentissage spécifique peut avoir lieu dans un contexte donné comme par exemple un travail de groupe. » – page 92

 

L’auteur de cette thèse évoque également la théorie de la richesse des médias (Media richness theory) qui « s’intéresse à la capacité des technologies à diffuser un message sans ambiguïté ». Le formateur à distance sait toute l’importance à accorder à la rédaction d’une consigne de travail. Il n’a pas le retour immédiat des apprenants (cas d’une formation en présence). Il peut alors utiliser un média « riche » (texte, image, son, vidéo) qui évitera la diffusion d’un message équivoque. Un média « pauvre » sera utilisé pour envoyer des informations non ambiguës par exemple (date de réunion, fichier à télécharger, …). – page 93

 

Le travail de Nathalie Deschryver se situe dans un contexte de formation hybride et s’adresse à un public large : praticiens, concepteurs, enseignants, praticiens-chercheurs. Peut-être le livre de chevet de vos vacances de Noël !

 

Bonnes fêtes !

 

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Le temps des technologies éducatives est-il venu ?

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Photo Jacques Cartier 

Nous avons évoqué dans le précédent billet un ouvrage d’ Alain Chaptal (1). Dans sa conclusion l’auteur se demande si « le temps des technologies éducatives est, donc peut-être, enfin venu. »

L’auteur voit dans l’apparition des technologies actuelles une différence fondamentale par rapport aux technologies plus anciennes : elles sont ancrées dans la société au quotidien et participent à la création de richesses. A l’inverse des technologies plus anciennes qui étaient plus complexes d’emploi, un peu comme des artefacts immatures et incomplets pour s’insérer dans le quotidien de l’enseignant. Comme si les plaques de verre, le multimédia (film, télévision, machines à enseigner, vidéo, micro-informatique des années quatre-vingt) étaient venus trop tôt dans le champ de l’éducation.

Et l’auteur de rappeler, à la fin de son ouvrage de recherche, l’importance particulière d’une activité de service destinée à accompagner les enseignants dans la mise en oeuvre de ces technologies, activité qui apparaît comme seule à même de favoriser et d’accélérer les changements attendus.

« Il est clair, cependant, que sans une volonté déterminée et organisée, sans une approche de service privilégiant l’assistance et l’accompagnement des enseignants, les efforts seront voués, comme par le passé, à l’échec. C’est en cela qu’il est, plus que jamais, d’actualité de réaffirmer la nécessité d’une ingénierie éducative pour faciliter l’usage de ces technologies et assurer leur véritable intégration. » – page 360

(1) L’efficacité des technologies éducatives dans l’enseignement scolaire – Analyse critique des approches française et américaine » – L’Harmattan, 2003

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Refondation du rapport entre l’école et le savoir

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Alain Chaptal dans son ouvrage « L’efficacité des technologies éducatives dans l’enseignement scolaireAnalyse critique des approches française et américaine » (1) questionne le rapport de l’école et du savoir :

« Les distinctions qui avaient cours antérieurement entre savoir-savant et savoir-scolaire ne tiennent plus. Il y manque le point essentiel : la refondation du rapport entre l’école et le savoir. Ce qu’ont en commun ces supports et ces technologies, que leur accès se fasse en ligne ou en local, c’est, non pas de faire déboucher l’école sur une vision encyclopédique, c’est-à-dire finie, mais, au contraire, sur le fait que l’offre potentiellement immense, même si le mensonge y côtoie la vérité ou le futile l’essentiel, fait apparaître que le savoir scolaire est inconstruit. Du point de vue épistémologique, il s’agit de quelque chose d’important : le savoir apparaît, hors de tout débat disciplinaire ou pluridisciplinaire, comme une sorte de continuum à construire… » – Page 272

Le savoir est ainsi requestionné par les technologies éducatives. Il est ainsi « refondé ». Il perd son caractère figé pour se mettre en devenir. Au formateur de savoir écrire les notes de cette nouvelle partition.

(1) L’Harmattan, 2003

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