Le tout distant, une vue de l’esprit ?

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By Einar Faanes – Own work, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=620293

Les organismes de formation que je rencontre ces temps-ci souhaitent inclure une dose de distant dans leurs curricula de formation. L’hybride (mélangeant présence et distance) semble devenir un passage obligé.

Faut-il alors avoir peur du tout distant ?

Un collègue évoquait récemment son impossibilité de monter une formation car les apprenants sont issus d’une île lointaine et ne peuvent se rendre une fois par mois en métropole pour des raisons de coût. Dans ce cas de figure, pourquoi ne pas pousser le bouchon plus loin et se lancer en tout distant ?

Les moyens de communication synchrones (comme la classe virtuelle) fonctionnent aujourd’hui de façon très satisfaisante du fait de l’augmentation significative des débits proposés pour la connexion Internet.

La plateforme de formation  asynchrone garde touts sa pertinence pour déposer les contenus, échanger sur des forums, remettre des travaux individuels et collectifs.

Quelques grammes de bon sens, un choix judicieux d’outils pour préparer et déguster, un gros zeste de scénarisation, une pincée d’audace, un accompagnement aux petits oignons, des apprenants gourmands, une équipe en appétit et les choses deviennent possibles !

Jacques Cartier

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Liberté, j’écris ton nom !

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Image en CC0 sur Pixabay

Le formateur, l’enseignant sont des professionnels très jaloux de leur liberté pédagogique. Ils sont comparés parfois à des professions libérales alors qu’ils n’en ont ni le statut ni le salaire.

Dans l’activité professionnelle touchant au numérique, cette liberté peut être écornée par le fait de l’utilisation d’outils imposés par l’organisme de formation. (plateforme par exemple)

Quand je suis arrivé en 2010 dans mon université, on m’a fourni une adresse de courriel en univ-fcomte.fr et on m’a indiqué que les cours se situaient sur une plateforme Moodle à cette adresse : www.moodle.univ-fcomte.fr. Il est aisé de comprendre qu’une institution, un organisme de formation se dotent d’espaces en ligne sur lesquels les intervenants sont tenus d’exercer leurs activités d’enseignement et de formation.

Le formateur et l’enseignant peuvent néanmoins cultiver une identité numérique indépendante. ils vont peut-être changer d’employeur, muter d’un poste à un autre, se mettre à leur compte, …

Aussi, pour quelques euros par mois, est-il aisé de se doter de son propre espace numérique de travail en s’offrant les services d’un prestataire en ligne. Pour la somme de deux euros mensuels, je dispose d’un nom de domaine, d’une plateforme Moodle et d’un blogue WordPress :

Ces deux espaces sont mes outils du quotidien, comme un cahier Clairefontaine 48 pages à reliure piquée, 2 rabats,  couverture polypro, dimension 17*22 !

Devant la montée de la modalité hybride de la formation, cette identité numérique construite et personnelle semble être l’apanage privilégié du formateur et de l’enseignant lambdas.

Jacques Cartier

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Rem : espace-formation.eu cible sur un Moodle 1.9, espace-formation.biz sur un Moodle 2.8.

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Frilosité, quand tu nous tiens !

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Estavayer le lac (canton de Fribourg – Suisse) par grand froid
Par Seb65 (Travail personnel) [CC BY-SA 3.0], via Wikimedia Commons

Mes missions m’amènent à rencontrer des organismes de formations divers et variés, des formatrices et formateurs de différents horizons.
Bien souvent, je perçois une frilosité à entrer dans une dynamique de formation à distance. Certes, l’idée est évoquée, étudiée, discutée. Mais le passage à l’acte est retardé, comme si on ne savait pas très bien par quel bout prendre le problème.

J’ai l’impression que les personnes focalisent beaucoup sur l’outil plateforme en se disant qu’elles ne seront pas capable de le gérer. L’organisme dispose fréquemment de la plateforme Moodle qui semble être une usine à gaz pour les futurs utilisateurs.

Je leur montre alors l’outil « étiquette » de cette plateforme qui permet de faire plein de choses dans un contexte de bureautique. En intégrant par exemple un lien vers un site, une vidéo, une image, …

Et je dédramatise aussi en indiquant que les savoirs du formateur pour un contenu présentiel se retrouvent en ligne : objectifs, pré-requis, évaluation, …

Ainsi, lors d’une formation, je pense qu’il faut rapidement mettre les personnes dans le bain, en leur donnant dans un cours Moodle par exemple le statut d’enseignant qui autorise la création et publication de contenus.

Et très vite, tout le monde se sent à l’aise, la glace est brisée, la frilosité fait place à un début d’engagement.

Jacques Cartier
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Un parcours de formation dans sa valise !

Le logiciel Exelearning ouvert dans Firefox

Le formateur que je suis est nomade. Les lieux d’interventions passent par l’Algérie, le Canada et des régions françaises.

Si l’organisme qui m’emploie dispose d’une plateforme de formation, il va me demander de placer mes contenus sur cet espace. Vous imaginez devoir à chaque fois déposer l’ensemble de vos travaux sur un nouvel espace qui admet tel ou tel type de fichiers ! Vous n’avez pas fini !

Mais si vous écrivez vos parcours avec un logiciel auteur qui vous permet d’exporter le fichier dans un format un peu passe-partout, alors vous allez respirer !

Je m’explique :

J’utilise le logiciel auteur (logiciel libre) Exelearning. Vous pouvez le télécharger à cette adresse : www.exelearning.net.

Des outils pédagogiques sont intégrés au logiciel, ce qui vous permet d’être autonome sans aller chercher par exemple un outil spécifique pour créer des quiz car il est déjà intégré à « Exe« . Les utilisateurs finissent pas dire « Exe », ça fait pro !

La manipulation d’Exe est très souple car il s’utilise comme un logiciel de bureautique. Pas besoin d’être un informaticien de haut vol pour pouvoir produire vos contenus.

Le logiciel s’exécute dans votre navigateur préféré et autorise un export au format Scorm. Ce n’est pas un gros mot, mais simplement une sorte de standard (voir sur Wikipédia pour les puristes)  qui fait que le fichier « s’installe » sur la plateforme cible (Moodle, Claroline, Dokeos, …). Le parcours ainsi déposé est directement utilisable par l’apprenant. Le son, les vidéos n’ont pas besoin des logiciels présents sur la machine de l’utilisateur, Exelearning a tout prévu.

L’export peut se faire aussi sous forme de site web. C’est très pratique si l’organisme ne dispose pas d’une plateforme. Un exemple : www.jacques-cartier.fr/formation_rethel/parcours/

Remarque : dans ce cas, un nom de domaine et un espace disque sont les bienvenus.

Je vous propose de tester un parcours que je viens de terminer pour une formation que j’animerai la semaine prochaine pour un prestataire qui dispose de la plateforme Moodle.

Je vous invite à télécharger le logiciel et je vous fournis les fichiers initiaux à cette adresse : http://jacques-cartier.fr/formation_rethel/fichiers/

J’ai pris soin d’indiquer que le parcours est sous licence Creative Commons : Creative Commons: Licence d’attribution non commercial 4.0.

Si vous souhaitez échanger avec moi sur ce thème, mon adresse de courriel est jacques.cartier@espace-formation.eu .

Bon travail !

Jacques Cartier
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Licence Creative Commons
Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.

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En tant que formateur, comment saisir l’opportunité du numérique ?

 Je vous propose un parcours de formation / réflexion sur le thème de l’opportunité pour le formateur lambda de se saisir de l’utilisation du numérique dans sa pratique au quotidien.
Le formateur aujourd’hui, peut-il se passer du numérique ? L’organisme qui l’emploie fait souvent le forcing pour « l’inviter » à entrer dans cette pratique. Parfois en le caressant dans le sens du poil, parfois en le mettant au pied du mur.
Mais est-ce aussi simple ? J’ai écrit ce parcours de formation réflexion pour mener une réflexion sur les tenants et aboutissants du cheminement nécessaire à ce qui est certainement une transformation profonde des pratiques.
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Compétences du formateur en ligne et technologie

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Image sur Pixabay en CC0 domaine public

Un organisme de formation qui souhaite introduire le distant dans sa pratique forme souvent ses formateurs sur les aspects pédagogiques de cette modalité particulière. J’ai souvent observé que les aspects techniques (utilisation du numérique) sont souvent laissés de côté, peut-être parce que l’on pense que tous les formateurs (enseignants) ont le niveau ? Je crois que c’est plus de l’ordre de l’omission.

  • l’utilisation quotidienne d’un ordinateur, d’un smartphone, d’une tablette fournit le socle de base des compétences utiles. Et il est vrai que la plupart des personnes sont à ce niveau d’utilisation. Peu de formateurs sont ainsi des grands débutants !

Les manipulations de base de son ordinateur sont un pré-requis indispensable. Cela semble acquis. Quelles manipulations plus élaborées sont alors nécessaires ?

  • Il me semble important savoir gérer ses fichiers

Discerner leurs types en les identifiant par leurs extensions (.pdf, .docx, .html, …), les organiser dans des dossiers et sous-dossiers. Les fichiers de la formation « F » seront déposés dans le dossier « Formation_F ». Ce dossier sera subdivisé en sous dossiers : Textes, Images, Sons, Vidéos, …

  • La sauvegarde du travail réalisé est une nécessité « vitale »

On s’équipe d’un logiciel de sauvegarde, d’un disque dur externe, d’un nuage (cloud) efficace.

Travailler avec un seul exemplaire, c’est traverser les chutes du Niagara sur un fil sans corde d’assistance en cas de chute ! Les ordinateurs d’aujourd’hui sont de plus en plus fiables, on en vient à oublier que la panne ne prévient pas. Ou la casse, ou le vol, …

  • Utiliser une plateforme de formation asynchrone, béaba ?

L’organisme de formation est équipé d’une plateforme de formation. Son utilisation nécessite un apprentissage. Une formation initiale et continue est à organiser pour l’équipe. Le son et la vidéo sont de plus en plus intégrés dans les cursus de formation. Des formateurs ont leur propre chaîne Youtube…

On peut créer un parcours intitulé « Bac à sable » dans lequel le formateur peut faire tous ses tests sans risquer de faire des bêtises sur le vrai parcours. C’est comme la cale martyre utilisée en menuiserie pour protéger la planche originale !

  • Se doter d’un logiciel auteur

L’utilisation d’un logiciel auteur (j’utilise Exelearning – http://exelearning.net) inclut des outils pédagogiques prêts à l’emploi. De plus il permet de produire des parcours qui seront utilisables sur d’autres plateformes, car il autorise l’export au modèle SCORM :

Voici les principales exigences auxquelles le modèle SCORM devrait permettre, à terme, de satisfaire :

Accessibilité : capacité de repérer des composants d’enseignement à partir d’un site distant, d’y accéder et de les distribuer à plusieurs autres sites.

Adaptabilité : capacité à personnaliser la formation en fonction des besoins des personnes et organisations.

Durabilité : capacité de résister à l’évolution de la technologie sans nécessiter une reconception, une reconfiguration ou un recodage.

Interopérabilité : capacité d’utiliser dans un autre emplacement et avec un autre ensemble d’outils ou sur une autre plate-forme des composants d’enseignement développés dans un site, avec un certain ensemble d’outils ou sur une certaine plate forme. Note : il existe plusieurs niveaux d’interopérabilité.

Réutilisabilité : souplesse permettant d’intégrer des composants d’enseignement dans des contextes et des applications multiples.

Sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharable_Content_Object_Reference_Model

  • Utilisation d’une plateforme synchrone

Le synchrone (la classe virtuelle) a le vent en poupe (voir le billet http://espace-formation.org/classe-virtuelle-le-vent-en-poupe/ ). Son utilisation technique requiert un certain entraînement. Gérer le son, la vidéo, les fichiers inclus, les fichiers mis à disposition en téléchargement, …

  • Assistance de premier niveau

Le formateur doit pouvoir aider les apprenants à solutionner leurs problèmes techniques de base. Par exemple, paramétrer le micro pour la classe virtuelle, configurer le navigateur pour que tout s’affiche correctement à l’écran, gérer le bon type de fichier à déposer sur la plateforme.

Formateur = Géo Trouvetou !

Jacques Cartier

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Classe virtuelle, le vent en poupe ?

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Paternité Certains droits réservés par Domaine de Drogant

La classe virtuelle a-t-elle le vent en poupe ?

De nombreux organismes de formations pour lesquels j’interviens évoquent son utilisation. Ils s’intéressent à la formation hybride pour plusieurs raisons :

  • la modalité présence / distance semble de plus en plus pertinente à leurs yeux pour la qualité des apprentissages :

Le « va et vient » entre présence et distance semble mieux impliquer l’apprenant dans son cursus de formation. Surtout si la classe virtuelle ne se cantonne pas uniquement à de l’expositif par le formateur mais engage la personne à produire et présenter ses propres productions (personnelles et/ou en groupe)

  • la réduction des coûts de transports et d’hébergement commence à peser fortement dans la balance :

Certes l’aspect financier compte mais pas seulement : il est parfois difficile de se déplacer (disponibilité, soucis inhérents au transport – temps, grèves, intempéries comme en ce moment -, …).

  • Cette modalité permet de monter un dispositif de formation intégrant des personnes d’horizons géographiques très lointains :

Une formation très ciblée ne pourra pas se monter à l’échelle d’un département ou d’une région car elle ne pourra recruter qu’un nombre trop restreint d’apprenants. Par contre, elle sera envisageable en l’élargissant au pays et à des territoires extérieurs et lointains. Pour les publics de régions éloignées, le tout distant sera possible, pour le public plus proche ce sera l’hybride.

Rem : un organisme de formation me sollicite pour monter une formation au Certificat Informatique et Internet Enseignant et Formateur sur l’ensemble des régions de France et d’outre-mer. (C2i2e)

Si des personnes d’outre-mer participent, elles utiliseront la plateforme asynchrone (Moodle par exemple) et la classe virtuelle (par exemple Big Blue Button intégrée à Moodle). Au formateur de jouer sur ces publics à modalité différente pour créer une dynamique.

  • Les aspects techniques sont pour beaucoup également dans ce regain d’intérêt :

Les plateformes de classe virtuelle sont devenues très fiables, les soucis de connexion de moins en moins présents. Un ordinateur, un smartphone, une tablette suffisent la plupart du temps pour se connecter. Les personnes ne sont pas forcément obligées d’être dans un lieu fixe (leur bureau par exemple). Elles ont simplement besoin d’une connexion.

  • Les apprenants ont de plus en plus l’habitude d’utiliser des outils synchrones :

Regardez autour de vous le nombre de proches et d’amis qui utilisent Skype au quotidien ! Ces personnes ne sont pas dépaysées lorsqu’il faut se connecter à une classe virtuelle.

C’est un Skype bis !

Jacques Cartier
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Peau neuve !

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Bonjour à Vous,

Mon blogue fait peau neuve. Il a changé de nom de domaine et se situe maintenant sur espace-formation.org.

Bien entendu, j’ai réalisé une redirection de l’ancien blogue vers cette nouvelle mouture.

Sur ce lieu d’écriture privilégié, j’espère que vous serez un lecteur intéressé par la problématique du numérique dans l’acte d’apprentissage et dans la vie citoyenne.

Bien à vous,

Jacques Cartier

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Petit roman d’un formateur occasionnel. (Fiction – Page 38)

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By The original uploader was LessayCatus at French Wikipedia (Transferred from fr.wikipedia to Commons.) [CC BY-SA 1.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/1.0)], via Wikimedia Commons

Utiliser le numérique dans une activité pédagogique de la maternelle à l’université fait toujours couler beaucoup d’encre. Entre les inconditionnels du numérique et les réticents, parfois la plume Sergent-Major écrit des mots pas toujours doux.

Je suis parfois un peu irrité (mais oui !) par la pensée que le numérique, par défaut, est synonyme d’innovation. Comme si le fait de travailler sur un écran rendait ma pédagogie forcément innovante.

Ce serait réduire l’innovation à une technologie éducative. Du temps du rétroprojecteur, est-ce que j’étais un enseignant innovant ? En fait, je pouvais, avec cet outil, renforcer ma pratique expositive et laisser encore moins d’espace d’expression à mes élèves. C’est quand j’ai demandé aux enfants de créer des transparents que je me suis dit que j’étais peut-être en train d’innover puisque l’élève devenait producteur de ressources et intervenant devant la classe.

Et puis les outils rendent le travail plus complexe. J’ai toujours à l’esprit cette citation de Geneviève Jacquinot :

« Chaque nouvelle technologie alimente une utopie : l’outil de référence est associé au rêve d’une certaine école ou d’une certaine société… comme toujours, les développements technologiques loin de remplacer l’enseignant (…) ne font qu’exiger de lui plus de maîtrise dans la connaissance des processus d’apprentissage et toujours plus d’imagination, … »

Jacquinot, G, (1985), L’école devant les écrans, Paris, ESF.

Effectivement, si j’ai devant moi 24 petits sixièmes et que je leur dise non pas « Ouvrez vos classeurs », mais « Ouvrez vos tablettes Ipad », imaginez un instant la dextérité dont je dois faire preuve pour que mon cours se déroule au mieux. J’ai en amont imaginé ma séquence, déposé les ressources utiles sur le serveur de l’établissement. La connexion WiFi fonctionne bien, mes élèves téléchargent rapidement les documents, les stockent sur leur mini-ordinateur qu’ils ont dans leur sac et qu’ils ramènent à la maison. Ils produisent leurs propres fichiers et les déposent sur le serveur, …

Depuis mon domicile, je vérifie les travaux réalisés et fait un retour à chacune des petites têtes blondes !

Si on me demandait de réaliser cela dans dix jours, j’aurais du pain sur la planche…

Un article de Bernadette Charlier de l’université de Fribourg (dont je peine à retrouver la source) m’a souvent questionné :

« …Pour changer une pratique pédagogique, il faut d’abord que celle-ci existe, qu’elle ait été construite patiemment au cours des années, qu’elle soit stabilisée. L’enseignant doit pouvoir s’appuyer sur cette pratique s’il souhaite la changer. Il doit pouvoir la reconnaître pour éventuellement la mettre en cause. Il doit pouvoir y fonder son projet.

Échapper à cette tyrannie consisterait peut-être à comprendre le changement de pratique d’enseignement ou de formation comme un processus inscrit à la fois dans une histoire individuelle et dans un contexte institutionnel. Un processus vécu différemment par chaque enseignant. Un processus à double face articulant résistance et changement… »

Jack, formateur occasionnel.

À suivre …

Lien vers les pages du petit roman : http://jacques-cartier.fr/roman/

© 2015 J. CARTIER

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